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Une maintenance dédiée pour les rames immobilisées

Le nombre de trains immobilisés est inédit. Sorties du roulement pour cause de réduction drastique du plan de transport, ces rames bénéficient d’un traitement spécial, appelé « garage bon état » (GBE). Explications.

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Covid-19 oblige, partout en France, les technicentres sont confrontés à une situation inhabituelle : l’immobilisation d’une grande partie du matériel roulant. En Occitanie, 163 rames TER sont ainsi inutilisées et dans le Grand Est, 70 % du parc, soit 381 matériels (rames, locomotives, etc.) se retrouve à l’arrêt. Du côté des Hauts-de-France, c’est même 75% du parc, soit près de 200 rames qui sont concernées.

Batteries coupées et portes verrouillées

«Nous ne sommes jamais descendus aussi bas au niveau de l’offre, confirme Gilles Schwob, directeur d’établissement Technicentre Grand Est. Ces rames sont en bon état ce qui signifie qu’elles peuvent être remises en service assez rapidement. Mais elles ne sont pas stationnées n’importe comment».
En effet, ce « confinement » obligatoire nécessite une maintenance particulière dite « garage bon état » : batteries coupées, portes verrouillées et rames stationnées à l’aide de cales font partie des opérations à réaliser. L’objectif : préserver la flotte et la qualité du redémarrage.

Il faut aussi surveiller les réservoirs et changer les cassettes ATESS (Acquisition et Traitement des événements de Sécurité en Statique), la « boîte noire » d’une rame. Il faut aussi veiller à les stationner dans des lieux sécurisés. Dans le Grand Est, un gardiennage de nuit a ainsi dû être mis en place pour éviter les éventuelles dégradations ou tout autre acte de malveillance.

Des opérations de maintenance reprogrammées

Mais ce n’est pas tout : « il faut bien s’assurer que certains compteurs sont figés au niveau des systèmes informatiques, précise Gilles Schwob, ce qui permet de décaler d’autant les opérations de maintenance prévues initialement. » Un test de sécurité effectué tous les 12 mois peut être reporté d’un mois si la rame est déclarée GBE.


Mais si le parc fait l’objet d’une vigilance particulière dans la perspective de la reprise du trafic, « le redémarrage ne pourra pas se faire du jour au lendemain, prévient Florent Martel, directeur délégué des opérations TER en Hauts-de-France. Il faudra se rendre sur chaque site et intervenir sur chacune des rames. Maintenant que la GBE est réalisée,  nous devons définir tout un ensemble de scénarios pour préparer la reprise du trafic et proposer des solutions viables pour chacun de ces scénarios ».