Train et cinéma, une histoire d’amour

Le 7e art entretient une relation privilégiée avec l’univers ferroviaire. Le train n’a en effet jamais cessé d’inspirer au cinéma des images, des scènes ou des situations. Retour sur ce lien historique, artistique et émotionnel.

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Vidéo : Arrivée d’un train à La Ciotat- Louis Lumière

Le plus cinématographique des moyens de transport

Depuis son entrée fracassante sur la pellicule des frères Lumière, le train n'a plus quitté les écrans. L’esthétique inédite des rails, la charge symbolique de ses continuités et de ses ruptures, son image de puissance et de vitesse sont en effet hautement cinématographiques. Quand le cinéma devient « parlant » dans les années 1930, s’ajoute la force d'évocation sonore du sifflet de la locomotive et du rythme du roulement sur les rails.

Toutes les dimensions du chemin de fer sont magnifiées par cet art nouveau qui construit, de film en film, une iconographie ferroviaire dans notre imaginaire collectif.

Une source d’inspiration inépuisable

Le cinéma, c'est avant tout une intrigue, une dynamique qui structure le propos. Le huis-clos des anciens compartiments permet toutes les rencontres ; les grands espaces et les villes que traversent les convois sont autant de promesses d'inédit et d'imprévu. Transition entre deux villes, entre deux contextes, entre deux réalités, le train est une zone privilégiée de fiction.

Mais le cinéma, c'est aussi, bien entendu, le fantasme et l'imaginaire. Le train est alors celui des grandes épopées, des conquêtes, des rêves de plaines sans fin et du cinémascope. Qu'on évoque aussi la gare de Grand Central à New York, ou l'Orient-Express, et on est immédiatement transporté...

En savoir plus sur le documentaire sur l'Orient-Express

De l’histoire à l’Histoire

On se retrouve et on se sépare dans les halls de gare, on s’embrasse sur les quais, on se rencontre aux guichets, on rêve d'ailleurs lointains devant les panneaux d'affichage… La gare et le train sont des microcosmes où s'exprime toute la palette des émotions humaines.

Parfois la petite histoire individuelle rejoint la grande Histoire mondiale. Comme par exemple « La Bataille du rail », film qui rappelle les actions de résistance des cheminots de la SNCF contre les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

« La Bataille du rail »

« La Bataille du rail » montre les différentes actions menées par les cheminots résistants, qui aboutissent au déraillement d’un train blindé allemand en 1944.

Le projet de réalisation d’un film en l’honneur des cheminots résistants est né en 1944. À l’origine un documentaire de la Coopérative générale du cinéma français, un groupe de résistants proches du PCF, « La Bataille du rail » est devenu un long métrage à la faveur d’un partenariat " avec les membres de l'association Résistance-Fer et la SNCF.

Le film a été confié à René Clément, alors jeune réalisateur et déjà auteur du documentaire « Ceux du Rail » en 1942. Il est essentiellement tourné en décors réels, avec des comédiens peu connus, des cheminots qui jouent les figurants, sans trucage, grâce aux moyens très importants mis à disposition du réalisateur et de son équipe par la SNCF.

Sorti en février 1946 dans une seule salle parisienne, ce film patriotique rencontre un succès public immédiat et inattendu. Sélectionné pour la première édition du Tournoi International du cinéma à Cannes, il décroche le grand prix international.

La SNCF et son service cinéma

Naissance de la Section Cinématographique

Dès le 26 février 1942, la SNCF se dote d’une Section Cinématographique. Ses missions se limitent alors à la projection sur l’ensemble du territoire, via un réseau de sections régionales, de films d’actualité et des documentaires pédagogiques.

Filmer l’après-guerre

En 1943, le service se voit confier la réalisation des films de l’entreprise en devenant la Section Centrale Cinématographique de la SNCF. Hormis le service cinéma des armées, il s’agit vraisemblablement du premier service cinématographique intégré d’entreprise constitué en France. Mais c’est à partir de 1944 que le service prend véritablement son essor, en filmant durant 3 ans le colossal travail de reconstruction du réseau après la guerre. Lucien Censier, responsable de la Section Centrale de 1944 à 1969, voit dans le cinéma « un merveilleux et vivant moyen d’information et un instrument d’instruction incomparable… »

Une production pléthorique

En 1972, la Section Centrale devient Centre Audiovisuel (CAV). Pour s’adapter aux besoins de production, s’adjoint la Section Photographique qui existait en parallèle. Les réalisateurs, comme André Périé, Robert Legrand et Yves Clara, marquent de leur empreinte les productions des années 1940 à 1970.

Du cinéma à la vidéo

En 1982, le CAV rejoint la Direction de la Communication nouvellement créée. Parallèlement, le nombre des productions annuelles croît de manière importante avec l'apparition et le recours exclusif à la vidéo pour les tournages, en diversifiant les sujets traités afin de répondre aux nouvelles exigences marketing.

La Médiathèque SNCF

La production intégrée s’arrête en 2005. Durant ces décennies, la qualité des films a été largement reconnue à travers de nombreuses récompenses dans des festivals internationaux. Du CAV demeure la Médiathèque SNCF qui perpétue l’archivage, la collecte et la diffusion des productions audiovisuelles et photographiques commanditées par la SNCF.

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Notre pôle Cinéma & Tournages

Chaque année, nos gares et nos trains accueillent de très nombreux tournages de films. En moyenne, un film français sur trois comporte une scène tournée dans un décor ferroviaire. Nous sommes, à ce titre, l’entreprise qui accueille le plus de tournages en France.

Afin d’accompagner tous ceux qui souhaitent filmer en gare ou à bord d’un train, notre pôle Cinéma & Tournages prend en charge toutes les demandes de tournage des professionnels de l’image.

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Vidéo : SNCF acteur des plus belles émotions du cinéma