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Améliorer la qualité de l’air dans les gares souterraines

En Île-de-France, après plusieurs expérimentations menées entre 2019 et 2021, une nouvelle étape est lancée afin d’améliorer la qualité de l’air dans nos gares souterraines. Bilan & prospectives de ces actions.

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L’heure du bilan

La qualité de l’air est un enjeu de santé publique. Dans cette optique, nous avons entamé de nombreuses démarches pour l'améliorer dans les gares d’Île-de-France, en particulier dans les 7% d'entre elles (sur 380 gares) qui sont souterraines ou mixtes.

Lancé en 2017, ce projet est mené en collaboration avec Airparif, organisme de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France.

À ce jour, toutes les gares souterraines franciliennes ont fait l’objet de mesures de la qualité de l’air, et les données ont été analysées par les experts de la SNCF et d’Airparif afin de déterminer l’ensemble des facteurs d'influence. L’objectif est d’être en mesure d’apporter des solutions spécifiques et concrètes.

Différents dispositifs de traitement de l’air innovants ont été testés entre 2019 et 2021 dans plusieurs gares. En parallèle est également testé un dispositif d’aspiration des particules à la source. Il s’agit désormais d’identifier les technologies les plus prometteuses.

Une nouvelle étape de la phase pilote

Le 7 mars 2022, AirLab a publié un rapport de synthèse de l’ensemble des expérimentations menées dans le cadre de l’appel à projets « Innovons pour l’air de nos stations », lancé par la Région Île-de-France en 2018.

À partir de l’analyse des résultats de toutes les expérimentations menées, nous avons sélectionné les technologies les plus prometteuses pour engager une nouvelle étape afin de préparer un éventuel déploiement dans les principales gares concernées.

À partir de 2023, plusieurs gares seront totalement équipées d’appareils permettant de traiter la globalité du volume d’air et de capteurs pour en mesurer finement l’efficacité. Cette nouvelle étape de la phase pilote est menée en partenariat avec Île-de-France Mobilités.

Consulter le rapport de synthèse d’AirLab

Comment nous mesurons la qualité de l’air

Nous poursuivons par ailleurs le suivi en continu de la qualité de l’air dans 3 de nos gares avec Airparif et l’Agence d’Essai Ferroviaire. Nous mettons à la disposition du public les données avec la publication en ligne de rapports annuels :

  • Magenta (RER E)
  • Avenue Foch (RER C)
  • Sevran-Beaudottes (RER B)

Consultez les résultats des campagnes de mesure sur le site de l’Agence d’Essai Ferroviaire

Nos trois modes d’action

Dans la lutte pour l’amélioration de  la qualité de l’air, nous poursuivons trois objectifs majeurs :

  • réduire à la source la quantité de particules fines émises
  • traiter l’air directement sur les quais
  • améliorer la ventilation dans les gares

Un « aspirateur à particules fines »

En collaboration avec l’entreprise Tallano Technologie et avec le soutien de la Région Île-de-France, nous travaillons à la mise au point d’un dispositif capable d’aspirer les particules émises lors du freinage des trains. Des tests en laboratoire sur ce système, appelé TAMIC, ont été réalisés afin de valider le fonctionnement et mesurer la diminution des émissions : une réduction de 70% est en effet attendue. En septembre 2020, cet « aspirateur à particules fines » va être monté sur un train pour des premiers essais lors de circulations sans voyageurs, d'abord, avant d'être testé en service commercial au mois de novembre. La fiabilité, la maintenabilité et la performance de ce boîtier dispositif vont être ensuite évalués pendant deux ans.

L'aspirateur à particules, technologie Tallano testée par SNCF

Trois innovations pour traiter l’air

Sélectionnées à l’issue de l’appel à projets « Innovons pour l’air de nos stations » mis en place par la région Île-de-France, plusieurs technologies ont été expérimentées dans les gares d’Avenue Foch et de Boulainvilliers (RER C). Deux d’entre elles participent à la préparation de la nouvelle phase pilote :

  • le système Terrao, conçu par la start-up Starklab, un système de filtration par voie humide : il aspire l’air pour le faire passer dans de l’eau et ainsi retenir les particules.
  • le dispositif de captage passif développé par la start-up TrapApart, qui utilise les mouvements d’air générés par la circulation des trains pour capter et retenir les particules sur des supports installés en tunnel et sous les quais.

En parallèle, le partenariat se poursuit aussi avec l’entreprise Mann+Hummel, avec laquelle nous avons mené, en 2021, une expérimentation utilisant leurs colonnes de filtration en gare de Sevran Beaudottes (RER B).

Enfin des échanges réguliers sont menés avec des opérateurs étrangers de transport public qui travaillent aussi sur le sujet de l’amélioration de la qualité de l’air dans les gares souterraines (Angleterre, Suède, Corée, Japon, Espagne). Ceux-ci nous ont permis d’identifier d’autres technologies de traitement d’air et de partager d’autres pistes de travail de réduction des émissions de particules.

Mieux ventiler nos gares

Assurer une ventilation des gares contribue à améliorer la qualité de l’air. Des solutions à long terme pour remplacer les dispositifs de désenfumage existants  par des systèmes mixtes fonctionnant aussi bien en cas de départ de feu qu’en situation normale sont à l’étude. Les nouvelles gares de la ligne Éole (RER E) seront pourvues de ces moteurs mixtes de désenfumage/ventilation.

Nos TGV aussi concernés

Notre lutte contre la pollution de l’air ne se limite évidemment pas aux gares. Ainsi, les TGV du futur, conçus actuellement par Alstom, seront équipés d’un nouveau système de traitement de l’air intérieur. Celui-ci filtrera entre 3 et 4 fois plus de particules fines.