Crédit photo en-tête de page : Seb Godefroy

Sécurité et innovation, sur quoi travaille le projet européen PREVENT PCP ?

Avec plus de 60 milliards de voyageurs par an dans les transports en commun européens, la question des objets délaissés représente un défi majeur en matière de sécurité. Raison pour laquelle, dans le cadre d’un partenariat international, la SNCF participe au développement d’une nouvelle technologie visant à détecter et évaluer en temps réel toute menace terroriste potentielle. Explications.

Mis à jour le

Lecture 4 min.

Détecter et évaluer en temps réel toute menace terroriste potentielle

Lancé en 2018 et soutenu par la Commission européenne, le projet PREVENT avait pour objectif d’identifier de nouvelles technologies visant à lutter contre les menaces terroristes. Ce partenariat à grande échelle reposait sur un consortium de 16 membres, issus du monde des transports comme de la sécurité et provenant de huit pays européens.

Au sein de ces différents intervenants, la Sûreté ferroviaire de la SNCF a apporté toutes ses connaissances en matière d’évaluation des menaces, d’analyse des vulnérabilités et d’identification de nouvelles technologies de sûreté.

Finalement, à l’issue du projet PREVENT, les objets délaissés ont été choisis comme axe de recherche prioritaire, car ils représentent une réelle menace et un défi majeur en matière de sécurité.

Sur cette base, un nouveau projet a été lancé en septembre dernier, toujours avec le soutien de la Commission européenne. Nommé PREVENT PCP, il regroupe 24 partenaires, parmi lesquels la SNCF joue un rôle moteur. En quoi consiste-t-il ? Il s’agit de développer et de mettre en œuvre en condition opérationnelle des solutions technologiques de détection d’objets délaissés, d’identification et de recherche automatique de propriétaires.

Évaluer en temps réel toute menace potentielle

Dans cette optique, le projet PREVENT PCP vise à faire appel à des groupes industriels, des PME, des startups ou encore à l’univers académique pour développer des technologies innovantes basées sur des algorithmes d’analyse vidéo.

L’objectif est de parvenir à détecter en temps réel un objet délaissé et non surveillé, puis à identifier instantanément son propriétaire afin de définir s’il s’agit d’un oubli intentionnel ou non, et enfin de lancer un processus de suivi automatique de ce propriétaire si cela s’avère nécessaire afin de le retrouver rapidement et ainsi apporter une réponse adaptée à la menace potentielle. Cette nouvelle technologie doit également permettre de gagner en efficacité opérationnelle, éviter les interruptions de trafic et augmenter la satisfaction des voyageurs dans les transports publics.

La Sûreté ferroviaire, un acteur majeur

La question des objets délaissés1 étant considérée comme un axe de recherche prioritaire, ce nouveau projet technologique bénéficie de moyens importants. Fort d’un budget de 13,3 millions d’euros et financé à hauteur de 90% par la Commission européenne, il bénéficie d’une phase de développement d’une durée de 3 ans.

La Sûreté ferroviaire est à l’avant-garde du projet et s’appuie, pour cela, sur son expertise technique et opérationnelle. En charge notamment de la coordination des acteurs français et européens (dont notamment la RATP et la région Sud) pour la phase d’évaluation opérationnelle qui se tiendra en France, en Espagne, au Portugal ainsi qu’en Italie, elle est également à la manœuvre pour la construction de l’expression de besoin et des spécifications fonctionnelles et techniques qui seront la base des solutions développées par le projet.

En savoir plus sur la Sûreté ferroviaire

Un premier test grandeur nature en 2023

L’organisation de la Coupe du monde de rugby en France, à l’automne 2023, devrait permettre une première expérimentation à grande échelle des solutions techniques développées.

Mise en place en gare de Paris-Nord, cette première phase de tests en conditions réelles sera l’occasion d’identifier les possibles points d’amélioration, nécessaires à une exploitation opérationnelle optimale de cette nouvelle solution lors des Jeux olympiques et Paralympiques de Paris 2024 et ce, dans plusieurs gares parisiennes ainsi qu’à Marseille.

1 Outre la question de la sécurité des personnes comme des biens, les bagages abandonnés représentent la première cause de retard de nos TGV et de nos INTERCITÉS.

En savoir plus