Ces robots qui promettent d’améliorer la régularité de vos trains

Ils promettent de faciliter la vie de nos agents et de limiter l’impact des incidents sur vos voyages… Deux prototypes de robots ont été testés en gare de Magenta, à Paris, dans un tunnel du RER E. Focus sur un drone et un robot roulant autonomes qui pourraient améliorer la régularité de vos trains dans les prochaines années.

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À plusieurs dizaines de mètres sous le sol, un drôle de ballet se joue, ce samedi 20 mars, dans l’obscur tunnel de la gare parisienne de Magenta. Un petit drone autonome, imaginé par une entreprise italienne et un robot roulant baptisé Yak, conçu par une start-up des Hauts-de-France, inspectent les voies du RER E.

Ce drone, développé dans le cadre du programme européen ESMERA1, et ce robot, financé par la SNCF, devraient grandement aider nos agents dans leurs opérations dites de « levée de doute » et améliorer le quotidien des futurs voyageurs d’Eole2, le prolongement du RER E entre Haussmann Saint-Lazare et Mantes-la-Jolie, achevé en 2024. Comment ? En réduisant considérablement le temps entre le signalement d’un incident sur la voie et la pose d’un diagnostic par l’un de nos opérateurs experts.

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Des interventions plus rapides pour moins de perturbations

Canette jetée par un voyageur qui bloque un aiguillage, problème de signalisation dans un tunnel... « Actuellement, on estime qu’il faudrait 1h30 à 2h à l’un de nos agents pour réussir à établir un diagnostic suite à un incident sous un tunnel d’Eole. Et donc potentiellement autant de temps sans circulation de train », explique Louis-Romain Joly, responsable du programme Robots et Humains au sein de notre direction Innovation et recherche. Un délai qui pourrait être particulièrement préjudiciable pour les voyageurs du nouveau RER E, qui promet de faire circuler jusqu’à 22 trains par heure en période de pointe.

« Recourir à un système d’inspection autonome, grâce aux robots, pourrait réduire considérablement ce temps et limiter les risques qu’encourent nos agents en évoluant dans des tunnels, notamment les chutes et l’exposition prolongée aux particules fines », poursuit notre collaborateur. Positionnés en fond de gare, les robots seraient ainsi « réveillés » en cas d’incidents sous un tunnel et capables de se projeter sur place en moins de 20 minutes.

Un robot pourrait arriver en moins de 20 minutes sur les lieux de la « levée de doute ».

« Un œil déporté pour nos opérateurs, en aucun cas un cerveau »

De là à imaginer ces robots remplacer nos agents dans leur mission de « levée de doute » ? « Nous ne sommes absolument pas dans un système 100% automatisé, avertit d’emblée Louis-Romain Joly. Le robot joue le rôle d’un œil déporté, pas celui du cerveau. Il renvoie des images du tunnel pour aider les agents à établir leur diagnostic et les décharge d’une partie des risques liés à la “levée de doute”. » La prise de décision et la résolution du problème demeurent entre les mains de nos opérateurs experts dans leurs domaines.

Des robots opérationnelles à l’horizon 2024

La journée de tests en gare de Magenta a permis aux prototypes de lever les doutes sur leur fiabilité, en relevant des défis techniques majeurs. Le drone autonome a ainsi pu décoller et se stabiliser, malgré les perturbations électromagnétiques générées par les 25 000 volts de la caténaire. Le robot roulant Yak a, quant à lui, effectué de nombreux allers-retours, en autonomie et sans difficulté, le long des voies du tunnel malgré l’étroitesse des lieux.

Les équipes du programme Robots et Humains espèrent pouvoir mettre en service l’une de ces solutions, qui pourraient également être étendues à d’autres tunnels d’Île-de-France et en région, d’ici 2024 et la fin du prolongement du RER E.

Découvrez le prototype de drone autonome

Découvrez le robot autonome Yak

  • Un drone et un robot autonomes ont été testés sous un tunnel de la gare de Magenta, à Paris, le 20 mars 2021.

  • Le drone autonome de la société italienne WPWEB a notamment réussi à décoller et à stabiliser son vol à 30m sous terre.

  • Le robot roulant Yak et le drone doivent assister les agents dans leurs opérations de levée de doute dans les tunnels.

  • La levée de doute assistée par des robots devrait faire passer le temps d’intervention de 2h à une vingtaine de minutes.

  • Placé sur les quais de la gare de Magenta, le robot roulant a pu effectuer de nombreux allers-retours dans le tunnel.

  • Véritable yeux déportés de nos agents, ces robots limitent les risques (chutes, exposition aux particules fines)  liés aux interventions dans les tunnels pour nos collaborateurs.

  • Notre Groupe espère pouvoir utiliser l’un de ces robots, à partir de 2024, sur le prolongement du RER E vers l’ouest.

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1 Le projet européen ESMERA vise à encourager les petites et moyennes entreprises à concevoir des solutions dans le domaine de la robotique afin de les commercialiser dans différents domaines, à savoir : l’énergie, la fabrication, l’agro-alimentaire et la construction.

En savoir plus sur le projet ESMERA

2 Construit par SNCF Réseau, l’ouverture du prolongement du RER E entre Haussmann Saint-Lazare et Nanterre La Folie au sein du projet Eole est prévue pour mi 2023. La ligne – dont le terminus sera Mantes-la-Jolie en 2024 – est portée et financée par l’État, la Société du Grand Paris, la région Île-de-France, Île-de-France Mobilités, la ville de Paris, le département des Hauts-de-Seine, le département des Yvelines et SNCF Réseau. Elle s’inscrit dans le cadre du Grand Paris Express, qui englobe aussi le prolongement de la ligne 14 et la création des lignes 15, 16, 17 et 18, pour former le plus grand projet d’infrastructure et d’aménagement d’Europe.

En savoir plus sur le projet Eole