Crédit photo en-tête de page : Maxime Huriez

Des TER à batteries pour sortir du diesel

Remplacer les moteurs diesel par des batteries au lithium, diminuer les émissions de carbone et économiser jusqu’à 20% d’énergie… Découvrez le projet de « TER à batteries » porté par notre Groupe, cinq régions et le constructeur Bombardier.

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Comment sortir du diesel, encore responsable de 75% des émissions de CO2 de nos trains régionaux, sur les parties non électrifiées du réseau ferré ? C’est tout l’enjeu de l’expérimentation « TER à batteries » lancée par SNCF Voyageurs, les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Bombardier.

38 M€

investis dans le TER à batteries par les régions, SNCF Voyageurs et Bombardier Transport

Les TER à batteries dans vos gares dès 2023

Quelque 38 millions d’euros ont ainsi été investis1 pour transformer cinq rames autorail à grande capacité (AGC) bimode (caténaire/moteur thermique) en rames bimode entièrement électriques (caténaire/batterie). Comment ? En remplaçant les deux moteurs diesel par des batteries au lithium.

La modification de la première des cinq rames doit débuter d’ici la fin de l’année 2021, sur le site Bombardier Transport à Crespin (Hauts-de-France). Celle-ci sera suivie, en 2022, par le début des essais de validation de la rame AGC à batteries. Un préalable indispensable en vue d’une autorisation de mise sur le marché et la mise en service de ce nouveau train dans vos gares en 2023.

Comment ça marche ?

Les batteries au lithium des futures rames chargent principalement sous caténaire ou dans les gares électrifiées. L'énergie générée par le freinage du train est également récupérée et stockée dans les batteries. Celles-ci peuvent assurer seules la traction du train sur des tronçons de 80 km non électrifiés. Jusqu’à 20% d’économies d’énergie sont attendues grâce à ces modifications.

Où circuleront les TER à batteries ?

Un TER à batteries sera exploité dans chacune des 5 régions associées à l’expérimentation (Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur).

Leur circulation est ainsi envisagée sur les lignes suivantes :

  • Lyon -Bourg-en-Bresse
  • Alencourt - Beauvais-Creil
  • Bordeaux-Mont de Marsan, Bordeaux-Le Verdon, Bordeaux-Saint Mariens
  • Nîmes-Le Grau du Roi
  • Marseille-Aix

TER à batteries : un pas de plus dans le «verdissement» de nos trains régionaux

« Verdissement » de nos TER, durée de vie et recyclage des batteries… Jérôme Leroy, maître d’ouvrage chez TER, nous en dit plus sur le futur des trains régionaux.

Pourquoi avoir fait le choix de placer des batteries sur un train ?

Il y a plusieurs enjeux. Tout d’abord, le train à batteries permet de répondre à la volonté de TER de verdir son parc matériel. Tout comme le TER hybride, cette idée de placer des batteries sur un train s’inscrit dans la recherche de solutions pour réduire l’empreinte carbone de nos trains en limitant le rejet de certains polluants dans l’atmosphère. Le potentiel de la batterie est satisfaisant pour assurer un certain nombre de missions : hors caténaire, le train pourra circuler jusqu’à 80 km avant d’engager une recharge, une belle performance.

Quelle est la durée de vie des batteries ?

Les batteries ont une durée de vie prévisionnelle de 10 ans, garantie par Bombardier, ce qui est bien au-delà de l’espérance de vie de batteries type grand public que l’on pourrait par exemple trouver dans un téléphone portable. L’idée est que nous n’ayons pas à remplacer les batteries fréquemment mais qu’elles perdurent au maximum.

Une fois en fin de vie, comment sont-elles recyclées ?

Nous devons respecter la réglementation européenne qui impose le recyclage d’au moins 50 % de ces batteries. Cependant, certaines entreprises mettent déjà en œuvre des procédés qui atteignent 75% de taux de recyclage. Et à l'horizon 2030, les process de recyclage auront encore été améliorés. Cela permettra de recycler la très grande majorité des constituants montés dans la batterie soit pour pouvoir les réutiliser sur une autre batterie ou alors pour en faire un tout autre usage. Nous nous attarderons à définir les perspectives de recyclage avec Bombardier, qui en porte la responsabilité.

Avec « PlaneTER », plus de trains, moins de CO₂

L’expérimentation du TER à batteries s’inscrit dans le vaste plan de baisse d’émissions de CO2 de nos trains régionaux, alors que le diesel représente encore 25% de l’énergie consommée par nos TER. Baptisée « PlaneTER », cette démarche de réduction de l’impact environnemental passe, notamment, par le développement de nouvelles rames innovantes : TER hybride, train à hydrogène, train aux biocarburants et TER à batteries.

En savoir plus sur « PlaneTER »

1 L’investissement de 38 millions d’euros se décompose comme suit :

  • 5,4 millions d’euros investis par chacune des 5 régions
  • 6 millions d’euros investis par SNCF
  • 5,5 millions d’euros investis par Bombardier