Crédits photo en-tête de page : Laurent Mayeux

L’usine du futur

La maintenance des trains connaît actuellement un véritable virage technologique. Visite du technicentre historique d’Hellemmes, devenu une usine 4.0 avec l’inauguration de son nouvel atelier 57.

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Le plus grand centre de rénovation des trains

Deux ans seulement après le lancement des travaux, la SNCF a inauguré le 15 janvier 2020 à Hellemmes son troisième technicentre industriel de nouvelle génération. Dénommée atelier 57, cette usine 4. 0 concentre toutes les solutions technologiques dédiées à la rénovation et la modernisation des trains. Lieu historique datant de 1873, initialement destiné à réparer les locomotives à vapeur, ce technicentre industriel est et restera incontestablement le fleuron du savoir-faire ferroviaire français. 

Deux projets menés dans ce centre de maintenance s’étaient vu décerner, le 23 octobre 2018, le label « Vitrines Industrie du Futur » par le comité de l’Alliance Industrie du Futur (AIF). Cette distinction récompense les entreprises ayant développé concrètement des solutions innovantes et technologiques pour l’organisation de leur production industrielle.

Tour d’horizon de l’atelier 57.

Vidéo : Atelier 57 d'Hellemmes, ce qui change pour la production

Des lunettes connectées pour faciliter les dépannages

Au cours de leurs interventions, les opérateurs de maintenance sont équipés de lunettes connectées. Le but : permettre à des experts de guider l’opérateur à distance et en direct, et de l’aider à traiter les situations problématiques inhabituelles. Gain immédiat : faciliter les diagnostics et les dépannages.

Des chariots électriques autonomes pour optimiser les flux

Véritable révolution technologique, à l’intérieur de l’usine, les rails nécessaires à la circulation du matériel roulant ont disparu. Les voitures désaccouplées ou leurs composants sont déplacés par des systèmes de déplacement électriques autonomes, les « moovers », qui circulent sur des surfaces modulaires avec un minimum de poteaux porteurs qui sont autant d’obstacles au déplacement des chariots.

Vidéo : A l'atelier 57 de Hellemmes, les trains circulent sans rail

Des robots ponceurs

L’atelier 57 accueille aussi de toutes nouvelles cabines de traitement des surfaces des trains, dont une cabine de ponçage par robots.

Des drones pour examiner le matériel roulant

Deux fois plus compact que les bâtiments qu’il remplace, l’atelier 57 dispose d’une hauteur exploitable jusqu’à 12,5 mètres qui libère de l’espace pour des opérations telles que l’inspection des toitures par drones.

Autrefois manuelle, l’inspection des  toits de TGV en maintenance s’effectue désormais via des drones, évitant l’installation de passerelles temporaires. Gains immédiats :

  • moins de pénibilité
  • plus d’efficacité : d’une voiture inspectée chaque jour avant l’arrivée du drone il y a un an,les pilotes en inspectent désormais quatre à cinq par jour
  • plus de fiabilité grâce aux données récoltées.

Comment l’exploitation des données facilite-t-elle la maintenance ?

Aux outils technologiques comme les drones et les objets connectés s’ajoutent de nouveaux systèmes de collecte de données qui permettent d’évaluer l’état des trains et des voies. Le but ? Passer de la maintenance corrective à la maintenance prédictive afin de détecter les signes avant-coureurs de dysfonctionnements.

Deux exemples d’innovations l’attestent :

  • la télédétection par laser, dit aussi LIDAR, scanne et cartographie toutes les infrastructures en 3D, des rails aux ouvrages d’art et à la végétation, avec une précision de quelques millimètres. Objectif : obtenir un « jumeau  numérique », une modélisation du réseau ferré, afin de déceler les variations et ainsi faciliter les interventions.
  • l’application Vibrato, installée sur les smartphones des conducteurs de trains, mesure en temps réel les vibrations enregistrées sur la voie, ce qui permet d’intervenir rapidement en cas d’anomalie.

En savoir plus sur la maintenance prédictive

Vidéo : Drone, les données en temps réel pour une maintenance plus agile

Un bâtiment plus innovant mais aussi plus durable

La réalisation de l’atelier 57 a été facilitée dans ses différentes phases par la modélisation numérique des bâtiments (aussi appelée «BIM», pour building information modeling). La supervision technique de l’atelier bénéficie aussi du numérique qui permet par exemple la commande à distance des ouvrants ou la programmation du préchauffage de machines.

En plus de respecter la réglementation thermique actuelle dont le but est de limiter la consommation énergétique des bâtiments neufs, l’atelier 57 produit sa propre énergie grâce à une centrale photovoltaïque de 6 000 m2 installée sur son toit.

Afin de réduire la consommation énergétique et l’empreinte carbone au maximum, le bâtiment bénéficie également d’une forte isolation thermique de son enveloppe. Il a été construit suivant la même norme que celle des maisons ou appartements individuels.