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L’usine du futur

La maintenance des trains connaît actuellement un véritable virage technologique. Visite du technicentre historique d’Hellemmes, en passe de devenir une usine 4.0.

Le plus grand centre de réparation des trains

En 2019, SNCF  inaugurera à Hellemmes son quatrième technicentre industriel, usine 4. 0 où sont concentrées toutes les solutions technologiques dédiées à la maintenance des trains. Lieu historique datant de 1873, initialement destiné à réparer les locomotives à vapeur, ce technicentre industriel est et restera incontestablement le fleuron du savoir-faire ferroviaire français. 

Deux projets menés dans ce centre de maintenance se sont vu décerner, le 23 octobre dernier, le label « Vitrines Industrie du Futur » par le comité de l’Alliance Industrie du Futur (AIF). Cette distinction récompense les entreprises ayant développé concrètement des solutions innovantes et technologiques pour l’organisation de leur production industrielle.

Tour d’horizon du technicentre industriel.

Vidéo : Le technicentre industriel d’Hellemmes : l’usine du futur

Des chariots autoguidés pour optimiser les flux

À l’intérieur de l’usine, les rails nécessaires à la circulation du matériel roulant ont disparu. Les TGV désaccouplés sont déplacés par des systèmes de déplacement électriques autonomes. Les flux logistiques sont assurés par des robots de transport autoguidés. Gain immédiat : des interventions plus rapides, des process de travail et de logistique entièrement repensés. 

Des lunettes connectées pour faciliter les dépannages

Au cours de leurs interventions, les opérateurs de maintenance sont équipés de lunettes connectées. Le but : permettre à des experts de guider l’opérateur à distance et en direct, et de l’aider à traiter les situations problématiques inhabituelles. Gain immédiat : faciliter les diagnostics et les dépannages.

Des capteurs « Marti » pour mieux informer

À Hellemmes, des capteurs « Marti » collectent et délivrent des informations à tout technicien opérant dans une zone donnée. En parfaite conformité avec  les normes ferroviaires, ces objets connectés en Bluetooth communiquent instantanément avec les tablettes professionnelles des agents. Gain immédiat : notification automatique et individualisée des consignes de sécurité pour chaque intervention. 

Des drones pour examiner le matériel roulant

Autrefois manuelle, l’inspection des  toits de TGV en maintenance s’effectue désormais via des drones, évitant l’installation de passerelles temporaires. Gains immédiats :

  • moins de pénibilité
  • plus d’efficacité : d’une voiture inspectée chaque jour avant l’arrivée du drone il y a un an,les pilotes en inspectent désormais quatre à cinq par jour
  • plus de fiabilité grâce aux données récoltées.

Vidéo : Drone, les données en temps réel pour une maintenance plus agile

Comment l’exploitation des données facilite-t-elle la maintenance ?

Aux outils technologiques comme les drones et les objets connectés s’ajoutent de nouveaux systèmes de collecte de données qui permettent d’évaluer l’état des trains et des voies. Le but ? Passer de la maintenance corrective à la maintenance prédictive afin de détecter les signes avant-coureurs de dysfonctionnements.

Deux exemples d’innovations l’attestent :

  • la télédétection par laser, dit aussi LIDAR, scanne et cartographie toutes les infrastructures en 3D, des rails aux ouvrages d’art et à la végétation, avecune précision de quelques millimètres. Objectif : obtenir un « jumeau  numérique », une modélisation du réseau ferré, afin dedéceler les variations et ainsi faciliter les interventions.
  • l’application Vibrato, installée sur les smartphones des conducteurs de trains, mesure en temps réel les vibrations enregistrées sur la voie, ce qui permet d’intervenir rapidement en cas d’anomalie.

Vidéo : La donnée, nouvelle étape de la transformation de SNCF

Plus innovante mais aussi plus durable

En plus de respecter la réglementation thermique actuelle dont le but est de limiter la consommation énergétique des bâtiments neufs, le futur technicentre industriel  d’Hellemmes produira sa propre énergie grâce à une centrale photovoltaïque installée sur son toit.