Publié le

Arnaud Gurhem : 20 ans d’innovation et de fierté cheminote

Le défi quotidien de notre expert essieux ? Adapter les règles de maintenance et l’organisation du travail aux dernières innovations, pour ne pas rater le train du progrès. Portrait.

Arnaud Gurhem et SNCF, ça a débuté comme ça...

Aujourd’hui, il ne faut que 20 petites secondes pour contrôler les centaines de roues d’un TGV et les essieux qui les relient, contre plusieurs heures auparavant. Une prouesse technique en passe d’être industrialisée sur laquelle Arnaud Gurhem planche depuis 2015. Opiniâtre, cet ancien mécanicien, « entré à la SNCF complètement par hasard  » comme simple technicien, est devenu expert essieux. Sa trouvaille ? Des bancs adaptés à la grande vitesse, avec un système de détection par laser et caméra.

Et comme le hasard fait bien les choses, l’homme au catogan plaqué en arrière et aux imposants tatouages, met son savoir-faire au service du Groupe depuis plus de 20 ans. Une fierté pour le cheminot du campus Campra de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), qui, plus que des collègues, a trouvé « un esprit de famille unique chez SNCF. »

Des rencontres et des « crises »

Plus de deux décennies jalonnées de rencontres donc, mais aussi de « crises » que notre expert a su gérer depuis son arrivée à SNCF en 1997. C’est par exemple le cas en 2010, en collaboration avec les Technicentres de Maintenance de Paris-Nord et de Villeneuve, quand un sévère problème d’essieux frappe la ligne D du RER. Pas moins de 155 rames sont menacées d’arrêt.

Idem en juillet 2017, avec une avarie qui touche les Transilien en gare de Saint-Lazare. Des cohortes de trains entrent alors dans l’atelier de maintenance avec les mêmes défauts de roues. Là encore, Arnaud s’adapte et répond à l’urgence en concevant un nouveau plan de maintenance en une semaine.

« Être cheminot depuis plus de 20 ans, c’est ma plus grande fierté »

Et avancer, pour Arnaud Gurhem, c’est innover encore et toujours. Aussi, quatre ans après avoir remporté le Prix de l’innovation grâce à son application « Dojo » - clin d’œil à sa passion pour les arts martiaux - qui répertorie les différents défauts des essieux et facilite le travail de maintenance,  l’équipe projet à laquelle il appartient travaille déjà sur un banc de maintenance permettant de contrôler l’intégralité d’un train (caisses, pantographes, organes de frein, etc).

« La technologie nous oblige à avancer, à aller toujours plus vite », estime-t-il.

Ces gains de productivité sont, pour lui, la condition sine qua non du maintien de la performance de SNCF et plus largement de l’avenir des cheminots. Et même si l’homme de 46 ans regrette « la disparition progressive de l’esprit de famille » de ses débuts, « être cheminot depuis plus de 20 ans, conclut-il, c’est ma plus grande fierté ».