Crédit photo en-tête de page : SNCF

L’expert micro-mécanique qui « espionne » vos trains

Passé de l’entretien des mastodontes du monde agricole à la minutie de la micro-mécanique en technicentre, Jean-François Rostalski bichonne les minuscules engrenages des boîtes noires de vos trains. Portrait d’un cheminot pour qui chaque détail compte.

La mécanique ? Un rêve d’enfant

Si Jean-François Rostalski met sa rigueur et sa minutie dans l’entretien et la réparation des précieuses boîtes noires des trains, notre expert micro-mécanique n’a pas toujours rêvé de maintenance ferroviaire. « J’ai grandi sur les engins agricoles et j’ai toujours adoré les tracteurs », avoue-t-il.

Les locomobiles agricoles exposées lors des fêtes de village du Bocage bourbonnais font naître la passion du jeune Jean-François pour la mécanique. C’est décidé, il sera réparateur de tracteurs. L’obtention, en 1987, d’un CAP en réparation de machines agricoles et automobiles lui permet de réaliser son rêve d’enfant.

Suite à une discussion avec un ami cheminot…

Mais la trentaine arrive et le métier si cher à Jean-François est devenu trop difficile physiquement pour son corps meurtri. Lui qui, vers l’âge de dix ans, a dû être amputé d’une jambe après avoir été diagnostiqué d’un cancer des os.

En quête d’une nouvelle activité professionnelle, Jean-François rejoint, à l’été 2001, SNCF en tant qu’agent logistique, suite à une discussion avec un ami cheminot. Il quitte alors l’Allier et le secteur agraire pour le Technicentre d’Oullins, en banlieue lyonnaise. Là-bas, il se forme à la micro-mécanique : « quelque chose de concret, de logique et qui fait appel au bon sens », et s’attelle peu à peu à la réparation des boîtes noires des trains.

« Travailler sur des composants qui font rouler les trains à plus de 300 km/h est une grande fierté »

Les boîtes noires, de la taille d’une boîte à chaussures, enregistrent et retranscrivent sur une bande graphique toutes les informations recueillies lors des parcours (durée, vitesse, signaux de voies, incidents...). Ces précieux mouchards se doivent d’être parfaitement réglés pour fournir une information exacte. « Travailler sur des composants qui font rouler les trains à plus de 300 km/h est une grande fierté  », confie le cheminot, dont la spécialité se rapproche beaucoup de l’horlogerie, l’autre passion de Jean-François.

Mais si son métier lui plaît tant, il sait aussi qu’il est à terme voué à disparaitre. Les appareils actuels sont progressivement remplacés par des équivalents électroniques dotés de cartes à puce. « Il ne faudrait pas que la technologie ronge le savoir-faire de l’humain » s’inquiète-t-il. C’est là tout l’enjeu du nouveau technicentre industriel de Vénissieux qui doit succéder d’ici la fin 2019 à celui d’Oullins : favoriser la collaboration entre l’homme et le robot dans les tâches les plus pénibles et introduire la technologie au service de l’humain.