Andréa et Stanislas Ndour Chauveau

Couple à la ville, Andréa et Stanislas Ndour Chauveau travaillent tous deux au technicentre de maintenance de Paris Nord. Rencontre avec deux amoureux de la réparation.

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Un jour béni

« J'ai manqué l'heure du train d'amour. Et ce train-là, c'est pour toujours », chantait Gilbert Bécaud en 1978. 27 ans après, Stanislas a bien retenu la leçon. Lui a su prendre le train à l’heure : le 26 décembre 2005, précisément, le jour de son anniversaire et celui de sa prise de fonction au technicentre de Paris Nord. À cette époque, par contre, il ne savait pas qu’il prendrait aussi le « train d’amour » avec Andréa et leur petit Mathéo.

Lorsqu’il rejoint l’équipe dépannage, c’est Andréa qui est chargée de l’accompagner afin qu’il puisse prendre ses marques. Reconnue pour ses compétences et son sens de la pédagogie, la jeune femme est régulièrement sollicitée par son responsable lorsqu’il s’agit de former les nouveaux arrivants.

Se battre un peu plus que les autres...

En outre, Andréa sait mieux que quiconque que débuter dans une nouvelle équipe n’est jamais évident. Et pour cause : il lui a fallu se faire une place ; elle, l’une des rares filles du technicentre travaillant sur le terrain. Cette combativité, c’est peut-être ce qui les rapproche d’ailleurs.

Tous deux ont dû se battre un peu plus que les autres pour gagner leur place. Stanislas a parfois dû balayer des remarques blessantes, voire racistes à ses débuts. Quant à Andréa, elle se souvient avec amertume de ce collègue qui, trois mois après son arrivée, refusa de lui serrer la main – devant tout le monde – jugeant qu’une femme n’avait rien à faire au dépannage. Difficile également d’accepter l’idée d'être la moins gradée de son équipe alors même qu’elle est la plus ancienne embauchée.

Du goût pour l'enquête

Mais, il en faut plus pour les décourager. Car, avant toute chose, le travail au technicentre leur plaît. Ils solutionnent les problèmes électriques, tels que les climatisations. Lorsqu’un train présente une panne, il faut établir un diagnostic, repérer la pièce défectueuse, la réparer ou la retirer.

À eux d’enquêter pour trouver la solution afin que le train reparte le plus rapidement possible. Ici, peu de maintenance prédictive. Si les codes défauts des engins peuvent les aider à identifier la panne, une solide expérience des différents modèles de trains et des pannes possibles demeure indispensable.

De jour comme de nuit

Après avoir fait marcher ses méninges, place ensuite au travail physique. Il faut désormais retirer et changer les pièces. À titre d’exemple, remplacer une climatisation représente environ 3 heures de boulot. Un travail éprouvant qui se fait de jour comme de nuit et en équipe. Une équipe dont Stanislas n’hésite à pas à dire qu’elle est comme une seconde famille. Le couple, passionné, donne beaucoup à son travail.

Ils ont organisé leurs horaires en alternance – l’un de jour, l’autre de nuit – depuis leur mariage en 2017 et la naissance de leur petite fille Kassandre.

Vidéo : Vis ma vie au technicentre de Paris Nord

1 Maintenance des systèmes mécaniques automatisés