Crédit photo en-tête de page : SNCF

Bernard Ares, le facilitateur

Si le « M » de TGV M signifie « modulaire », il peut tout aussi bien signifier maestro pour Bernard Ares. Véritable chef d’orchestre, il coordonne chacune des équipes de ce projet de grande envergure. Avec pour objectif, une mise en service en 2024 à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris.  

Mis à jour le

Lecture 4 min.

Écouter Bernard Ares évoquer avec ferveur l’aventure du TGV M, c’est être d’emblée immergé dans un monde bourré de technologies. Il est peu de dire que le chef de projet vit le sujet à fond et connaît sur le bout des doigts ses tenants comme ses aboutissants.

Son rôle ? Être l’interlocuteur privilégié de chaque équipe, celui qui fait lien entre tous les acteurs du TGV M. D’une importance cruciale, le projet doit être, en effet, le plus fluide possible jusqu’à la sortie d’usine de la nouvelle rame.

À l’ordre du jour

Pour cela, Bernard Ares a noué de solides contacts avec le partenaire industriel Alstom ainsi qu’avec ses homologues coordinateurs, issus du domaine de la traction (pour la conduite des trains) comme de l’ingénierie de SNCF Réseau (pour l’accès à l’infrastructure). Leur mission commune ? S’assurer collectivement que rien n’est laissé au hasard.

Chaque jour, durant un point de 5 minutes, Bernard Ares s’entretient donc avec toutes les parties prenantes. Un cérémonial essentiel à la bonne marche de l’ensemble. Partager chaque info, faire état des évolutions techniques, suivre le planning, le budget, le pilotage des actions, etc. Les sujets de discussion ne manquent pas, d’autant plus qu’il faut se pencher, à intervalles réguliers, sur la documentation, le processus d’homologation et les questions de maintenance. 

Où est le grain de sable ?

Aux commandes du projet, Bernard Ares veille à ce que la communication soit constante entre les équipes SNCF, le constructeur et les divers fournisseurs. Au besoin, il rectifie le tir. Ses petits plus ? Une vision périphérique de tout ce qui se fait sur le TGV M, un œil d’expert pour tout ce qui est technique ainsi qu’une parfaite connaissance des différents composants (bogies, essieux, etc.).

« Bien comprendre quand ça grippe, trouver où est le grain de sable », aime-t-il rappeler. La partie animation entre les équipes fait également partie de son périmètre d’actions. À la manœuvre, il vérifie en permanence que les diverses expertises engagées - du Centre d'Ingénierie du Matériel1 aux clusters en passant par la direction de l’Ingénierie et les équipes de Voyages SNCF pour la gestion de la flotte - interagissent en bonne intelligence, soient tous au diapason et que « tout roule comme sur des rails ».

En terre promise

L’organisation du projet en mode plateau avec les équipes d’Alstom aide aussi Bernard Ares à maintenir une vision 360°. À chaque problématique, une résolution via des « scrums » est établie. Késako un scrum ? Terme rugbystique où, à la façon d’une mêlée, tout le monde contribue au projet.

Cette démarche consiste à se dire concrètement ce qu’on peut faire dans des conditions réalisables, à découper le gros projet par petits paquets. Et pour continuer à filer la métaphore de l’ovalie, si l’on espère aller en terre promise, mieux vaut, il est vrai, progresser en équipe et avec méthode.

1 Référence internationale pour l’ingénierie ferroviaire, le CIM propose son expertise dans plusieurs domaines techniques ferroviaires en contribuant aux spécifications des trains de demain et en intervenant dans toutes les étapes de la vie d’un matériel.