Christian Petit, le « chargé d’âmes »

Christian Petit, l’esprit cheminot chevillé au corps. Aujourd’hui directeur du technicentre Auvergne-Rhône-Alpes (TC AURA), après avoir pas mal bourlingué au sein de l’entreprise, il entend défendre une vision du management qui passe d’abord et avant tout par l’humain.

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Faites entrer le personnage ! Nom : Petit. Prénom : Christian. Fonction : Directeur d’établissement du TC AURA. Signe particulier : chevalier de l’Ordre national du Mérite. Mais qui est cet homme amateur de citations (parfois même inventées de toutes pièces) ? Croiser son chemin ne vous laisse pas, paraît-il, indifférent. Mais avant d’en arriver là, l’homme a dû faire sa place, il a cravaché dur depuis son apprentissage en 1977 aux ateliers de maintenance de Nevers. Que de chemin parcouru depuis ! Christian Petit a littéralement sillonné la France au gré de ses multiples postes, un parcours dominé par la passion pour le ferroviaire. N’a-t-il pas d’ailleurs participé à l’élaboration du livre « SNCF pour les nuls ».

« Qui scribit bis legit »

En tant que directeur, Il se dit très attaché aux valeurs sociétales et humaines propres à cette entreprise où il a passé l’ensemble de sa carrière.  Sa vision du management ? Elle est basée au quotidien sur la « symétrie des attentions et des exigences ».  Comme il aime à dire : « Qui scribit bis legit », du latin signifiant « Celui qui écrit, lit deux fois ».

La fameuse « symétrie des attentions et des exigences », c’est son cheval de bataille. Christian Petit l’a instaurée et tient à la faire perdurer. Il est, en effet, inconcevable pour ce directeur d’établissement (DET) de diriger ses 900 collaborateurs sans se l’appliquer à lui-même. Kézako exactement ? Un concept qui prône le lien étroit entre la satisfaction client et celle du salarié, et vice-versa.

  • 1977

    entre comme apprenti à l’atelier du matériel de Nevers

  • 1984

    1er poste de manager à Villeneuve-Prairie, en 3x8, au chantier de préparation des Rames

La qualité première pour être un bon directeur ?

Pour Christian Petit, un bon management passe d’abord et avant tout par l’humain. Le bien-être au travail est un préalable essentiel avant d’exiger auprès de ses agents toute démonstration de performance. Un exemple ? L’installation d’armoires chauffantes ou la rénovation des vestiaires et sanitaires. Des « petits » détails qui, à ses yeux, font toute la différence. À la question : « Quelle est la qualité première pour être un bon DET ? »  Sa réponse fuse : « Il faut aimer les gens et avoir envie de diriger. J’ai 3 mots d’ordre au technicentre : en premier, la sécurité qui doit être notre priorité ; en deuxième, notre client qui est notre raison d’être et enfin, la symétrie des attentions et des exigences. »   

1400 trains par jour

Le technicentre de maintenance Auvergne Rhône-Alpes, c’est 1400 trains par jour à entretenir. Et si la satisfaction client est une priorité, mieux vaut compter sur un management « robuste ». Christian Petit est parfaitement conscient de ces attentes, alors il ne lésine pas sur les points quotidiens matinaux avec les dirigeants d’unité opérationnelle. Exigeant envers lui-même et ses collaborateurs, Il entend que l’on travaille vite et bien, mais pas n’importe comment.

Telle une vigie, du haut de son mât, il veille donc au respect des règles de sécurité et n’hésite pas à les rappeler lors de son point de 5 minutes, tous les matins. Cette mini réunion est aussi, bien sûr, l’occasion d’évoquer les événements de la veille, d’établir les priorités de la journée et de valider les actions à mettre en œuvre « afin de garantir l’hyper pointe du matin ».

  • 2008

    Directeur du technicentre Alsace à Strasbourg

  • 2018

    Directeur du technicentre Auvergne Rhône-Alpes

Fédérer pour mieux avancer

Pour rappel, le TC AURA est en charge de la maintenance de toute la flotte du TER AURA (plus de 425 rames et 18 séries différentes), des nœuds ferroviaires régionaux (le nœud ferroviaire lyonnais, Saint-Etienne, Grenoble, Chambéry, Annemasse, Clermont-Ferrand…). Ce « chargé d’âmes » - expression de notre président Jean-Pierre Farandou que Christian Petit aime reprendre -  a conscience que chaque action d’un directeur d’établissement a un impact fort et peut être lourde de conséquences. La balle est dans son camp, mais pas que…  Car il sait qu’il peut compter sur toute une équipe soudée et cela, à quelques mois de son départ à la retraite, n’est pas la moindre de ses satisfactions.