Daniel Chavance, le « globe-trotteur de l’AEF »

Lorsque Daniel Chavance ne court pas après le temps pour satisfaire les besoins des équipes de l’AEF (Agence d'Essai Ferroviaire), il parcourt le monde et ses pays lointains. Sa vie est rythmée entre les essais ferroviaires et les essais personnels. Une cadence harmonieuse qui lui permet d’associer plaisir du travail et accomplissement.

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Responsable soutien logistique et technique à l’Agence d’Essai Ferroviaire de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), Daniel Chavance gère une équipe de 45 personnes qui s’affairent à tout mettre en œuvre pour que les essais, tant en France qu’à l’étranger, se déroulent sans accroc.

Vous avez dit « sans accroc » ? Il ne s’agit pas seulement de fournir les moyens attendus, il faut aussi penser à tout : toujours prévoir l’inattendu, anticiper le capteur défaillant et sa métrologie, l’ordinateur exsangue, la pièce à envoyer d’urgence, l’achat incontournable et même la voiture de service indispensable.

Intervenir de près ou de loin

Les périodes de pointe ne manquent pas à l’AEF, et dans ces cas-là, hors de question pour Daniel Chavance et ses équipes d’avoir la tête dans les nuages. Il faut être extrêmement rigoureux et agile afin de planifier au mieux les besoins pour les essais du RER NG, par exemple. Ici, pour 5 rames à équiper, ce seront plusieurs semaines d’essais à dérouler ; et pour ce faire, ses équipes devront préparer tout le matériel utile.

Il leur est arrivé également de fournir le matériel dans le cadre d’essais à l’étranger, comme au Maroc pour les rames à grande vitesse « Al Boraq ». Là encore, mieux vaut avoir les pieds sur terre, n’omettre aucun détail avec les équipes d’essai. Dans le cas contraire, cela peut coûter cher, car acheminer hors d’Europe du matériel n’est pas une mince affaire.

  • 1982

    Embauche au Laboratoire de Levallois en tant que chimiste

  • 2003

    Responsable Qualité de l’AEF

Tout prévoir du début jusqu’à la fin

Avant de pouvoir effectuer enfin la première mesure de captage, de comportement dynamique ou de freinage, les essais en ligne nécessitent donc toute une organisation en amont qu’il convient de planifier avec de multiples interlocuteurs. Ensuite, les mesures en boîte et autres marches d’essai terminées, il s’agit de rédiger les rapports d’essais.

Là encore, les équipes informatiques de Daniel Chavance développent des outils permettant au client de dépouiller à sa convenance de multiples données. Celui qui est directeur délégué gère également le bureau d’études qui conçoit, dimensionne et fait réaliser des interfaces pour les bancs d’essais. Sous forme de dessins techniques, les équipes imaginent donc des capteurs et les font fabriquer en externe.

Un savoir-faire qui fait la différence

Au bureau d’études, on recycle aussi d’anciens montages. Tout est bon pour réduire les coûts des essais. Ainsi, un organe peut être équipé de capteurs et hop, on évalue ainsi la charge par la mesure de micro-déformations, ce qui est bien vu. L’exercice peut aussi se faire avec des pantographes dans le but d’évaluer le déplacement ou les accélérations subies.

Mais, encore faut-il savoir où installer précisément ces capteurs. Là réside la difficulté, et c’est tout le savoir-faire des équipes de Daniel Chavance. Parmi ses nombreuses missions, ce dernier compte aussi la gestion du domaine de l’AEF et de ses bâtiments. Pas moins de 4 hectares, sur lesquels il faut maintenir les bancs de tests et les moderniser au besoin, afin d’être toujours au plus proche de la qualité et donc de la satisfaction client.

  • 2012

    Responsable industriel au Laboratoire et aux essais à poste fixe

  • 2015

    Directeur délégué activité soutien logistique et technique

Un multitude de métiers

On l’aura compris, les journées de Daniel Chavance sont sacrément rythmées. Mais ce n’est pas pour faire peur à ce globe-trotteur habitué aux timings serrés. Réunion, 5 minutes le matin, avec l'Étude et développement de l’AEF, puis en début d’après-midi avec ses équipes pour faire le point sur les problèmes de production. Revue de processus, point sur une affaire, rencontre client, revue de projet, suivi financier, etc. Tel est l’agenda classique d’une journée.

Daniel Chavance accompagne, en outre, divers profils de métiers : métrologue, informaticien, acheteur, mécanicien, logisticien ou électronicien. Ingénieur chimiste de formation, il a connu diverses fonctions à l’AEF. Cette polyvalence l’aide au quotidien dans sa méthode de management pour guider au mieux ses collaborateurs. Il participe aussi au maintien des compétences de l’AEF en « veillant » sur les mouvements au sein des équipes et anticipe les départs, et, autant que possible, les arrivées.

Ses bouffées d’oxygène

Ce poste riche et varié lui plaît et vient canaliser son besoin d’évasion. Voilà presque 20 ans qu’il évolue au sein de l’AEF sur différents postes. Une vie professionnelle entrecoupée de nombreux voyages et séjours à l’étranger. Il a ainsi parcouru la Nouvelle-Zélande durant une année avec sa famille puis vécu en Amérique du sud et au Moyen-Orient pendant deux ans, après avoir accompli un tour du monde à moto dans ses jeunes années. Il a donc traversé l’Afrique, l’Amérique du Sud, Centrale et du Nord avant d’enchaîner sur l’Australie et de revenir en Europe via l’Inde, le Pakistan, l’Iran et la Turquie.

Pour sa carrière, ces voyages lui ont été très bénéfiques. Il a ainsi pu mesurer la dimension de chaque jour et a compris que demain appartient à celui qui vit aujourd’hui. Ce nomade est toujours revenu aux sources, soit la France et l’AEF : « Ces bouffées d’oxygène me redonnaient de l’énergie pour bosser. Je dois énormément à mon entreprise de m’avoir permis de faire ces escapades ».