Crédit photo en-tête de page : SNCF

Fabien Dionnet et Thomas Pelloux

Avant de se retrouver dans votre caddie, il y a fort à parier que votre pack d’eau soit arrivé dans les rayons de votre supermarché par train. Et si par malchance le wagon qui le transportait est tombé en panne, alors il a sûrement croisé la route de Fabien Dionnet, Thomas Pelloux ou d’un de leurs collègues. Opérateurs de maintenance wagons en région parisienne, ils veillent au bon fonctionnement des trains de marchandises.

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Au grand air

Ils sont les sauveurs des wagons en détresse. L’histoire de Fabien Dionnet avec la SNCF commence en 2000 au technicentre de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. Destiné à intégrer l’équipe levage, il rejoint finalement celle du dépannage wagon et ce, à la demande de son chef d’équipe. Un choix qu’il n’a jamais regretté, puisqu’elle lui permet de travailler en extérieur. Quant à Thomas Pelloux, il entre dans l’équipe dépannage en 2008 après deux ans passés au service logistique du même technicentre. 

Pour les deux collègues, exercer au sein de cette équipe appelée Mobiwag s’avère être un travail très différent du celui effectué en atelier. Et si auparavant le rôle des dépanneurs était essentiellement d’effectuer les premières opérations afin de permettre au wagon de rouler jusqu’au technicentre, aujourd’hui il faut réparer autant que possible sur place, sans avoir à envoyer le wagon à l’atelier.

SOS Médecins

Alors, comment tout cela se passe concrètement ? Lorsqu’un wagon tombe en panne, l’équipe de Fabien reçoit une demande de la part du client propriétaire du wagon. À eux ensuite de sauter dans la camionnette Mobiwag et se rendre sur place afin de procéder à une première expertise et établir le devis. 

Si le propriétaire du wagon accepte les réparations, les agents procèdent alors au dépannage. Et ce, évidemment dans les plus brefs délais en fonction du planning et des approvisionnements en pièces.

Fabien Dionnet 

L’équilibriste et le chef d’orchestre

Lors d’un dépannage, les interventions se font en équipe réduite de 2 à 5 personnes. Il est nécessaire de savoir faire preuve de polyvalence, pour pouvoir intervenir sur toutes les parties du wagon. 

Au fil des années cependant, en fonction de leurs compétences et de leurs formations, les agents se sont spécialisés : Fabien dans la réparation des essieux et Thomas dans les travaux de soudure. D’ailleurs, les tâches de soudure en extérieur sont particulièrement complexes à réaliser puisqu’ « il est impossible de souder en-dessous de 5°C ou s’il y a du vent, explique Thomas. il faut alors trouver une fenêtre de tir entre deux bourrasques. » 

Le remplacement des essieux n’est pas non plus, particulièrement, une partie de plaisirs. Il compte parmi les opérations les plus lourdes, celles qui nécessitent le plus de moyens humains. « Il faut soulever le wagon grâce à des vérins hydrauliques alimentés par un groupe thermique » détaille Fabien. Une fois le bogie1 sorti, il est récupéré par une grue montée sur un camion et les nouveaux essieux sont installés. Pour ce type de manoeuvres, Fabien occupe en quelque sorte le rôle de chef d’orchestre.

Thomas Pelloux

Les bourlingueurs

Pour faire ce métier, mieux vaut aimer bourlinguer. Ainsi, Thomas et Fabien parcourent pas moins de 500 km en moyenne par semaine pour des interventions par tous les temps : grand froid ou canicule, pluie ou vent. C’est physiquement assez éprouvant comme le sont les nombreuses tâches de manutention. En effet, sur place, les deux compères ne disposent pas d’autant d’outils de levage qu’à l’atelier. Et pourtant, rien ne sert d’évoquer, en leur présence, d’éventuelles missions à l’intérieur… Louant la variété des interventions, l’absence du « train-train quotidien », aucun des deux ne se voit, un jour, travailler en atelier.

Les nombreux atouts du fret ferroviaire

Pour la petite histoire, l’activité wagon date de 1993 à Villeneuve-Saint-Georges, le technicentre de maintenance où opèrent Fabien et Thomas. Elle a connu plusieurs réorganisations, dont le rattachement le 1er juillet 2019 au Techninat, un nouvel établissement regroupant administrativement toutes les équipes wagons existantes en France. Ce nouveau centre, situé à Saint-Denis, tout près de Paris, pilote ainsi les différentes entités réparties sur le territoire. L’objectif de cet établissement ? Renforcer l’avantage concurrentiel de la SNCF par rapport à ses concurrents. 

En effet, si le transport des marchandises par le rail est une solution jugée plus écologique et plus sûre que par la route, l’activité fret a, malgré tout, diminué au fil des années. Il est pourtant possible de transporter toute sorte de marchandises via le train : des fruits et légumes aux bouteilles d’eau en passant  par des cargaisons bien plus grandes comme des voitures. Très fiable, le transport ferroviaire est également plébiscité pour le déplacement de matière nucléaire.

Le défi de la concurrence

Mais le transport par rail, tel qu’il est organisé, ne convient pas à toutes les entreprises. Actuellement, ces dernières doivent produire de gros volumes pour rendre ce mode de transport viable économiquement. De fait, à Villeneuve-Saint-Georges, en l’espace de 30 ans, le nombre d’agents est passé de 50 à 11, 500 points de dessertes ont été fermés bien que le périmètre d’intervention des équipes se soit élargi. 

En outre, la concurrence a peu à peu grignoté des parts de marché tant sur le transport que sur la maintenance des wagons. Assurer un service de qualité et de proximité tout en garantissant la sécurité, voilà les objectifs que réaffirme le Techninat et que mettent en œuvre Fabien, Thomas et leurs collègues afin de répondre au mieux aux besoins des clients.

En savoir plus sur Mobiwag

1 Chariot situé sous un véhicule ferroviaire, sur lequel sont fixés les essieux.