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Hugo les bons tuyaux

Hugo Chastang est un personnage. Au Technicentre de Maintenance de Paris Nord (TM), il court à longueur de journée pour dépanner les équipes et sème la bonne humeur partout. « Semer », tel est le mot car lorsqu’il ne s’affaire pas à dénicher des pièces manquantes pour les rames, il s’occupe de faire pousser toutes sortes de fleurs, de fruits ou de légumes… tout près des ateliers.

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Comme tous les matins, Hugo Chastang prend son service au Technicentre de Maintenance (TM) de Paris Nord, situé à Villetaneuse sur le site de Joncherolles. Là-bas, en Seine-Saint-Denis, il y retrouve ses collègues ainsi que son responsable Pascal Maréchal afin de faire le point sur la situation du jour. Au programme ? L’état des lieux concernant les rames toujours immobilisées et pour lesquelles il manque des pièces mais aussi un topo sur les rames à venir et dont la maintenance est à faire.

Un rendez-vous quotidien et incontournable pour Hugo Chastang. Car, en tant qu’agent logistique, c’est à lui de faire rapatrier au TM toutes les pièces utiles à la maintenance des rames. Être un rouage essentiel, voilà comment on pourrait aisément définir sa mission.

L’heure du « coup de fil »

Afin de constituer un dossier de dépannage, Hugo Chastang est en contact avec le Centre Logistique Industriel (CLI) et notamment, la plateforme située à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne). Malgré tout, il lui arrive de ne pas dénicher la perle rare. Il contacte alors son réseau : c’est l’heure du « coup de fil » aux technicentres voisins, c’est l’heure de l’entraide.

Son leitmotiv quotidien ? Trouver « LA » pièce qui va garantir la sortie de la rame, réduire au max l’immobilisation d’un train. Voilà pourquoi il se démène. « La bonne pièce, au bon moment, au bon endroit, de qualité et au meilleur coût », résume-t-il dans un sourire.

Le lien « pour que le train circule »

Hugo Chastang se dit pleinement épanoui dans son métier et admet, sans fard, sa reconnaissance envers la SNCF, qui lui a fait confiance à son entrée au TM en 2013, malgré son handicap. Quand les rhumatismes matinaux ne l’empêchent pas de mener à bien sa fonction, l’agent logistique déborde d’énergie. Capacité d’adaptation et compétences professionnelles sont les premiers mots qui viennent à son sujet.

Hugo Chastang a ainsi su démontrer qu’il avait clairement sa place au sein des équipes de production. Il avait, d’ailleurs, déjà fait ses preuves en 2008 en intégrant le site de Drancy (93) au Fret, où il était agent du BOT (Bureau d'Organisation du Travail). Aujourd’hui, il est l’interlocuteur dédié, le trait d’union entre la production et les pièces. Le lien « pour que le train circule ! », déclare-t-il avec une pointe de fierté.   

13 500 symboles à avoir en tête

Quand Hugo Chastang ne court pas après les pièces, il anticipe et propose avec les équipes de nouvelles méthodes de travail. Le but ? Parvenir à planifier des solutions efficaces afin d’éviter les scénarios « catastrophe », à savoir « laisser les agents sur la paille en cas de pièce manquante ».

Pour rappel, ce sont près de 13 500 symboles référencés qu’Hugo Chastang s’attache à maintenir disponibles au TM.

Jardin du matin calme

Dès lors, histoire de gérer au mieux le stress, l’homme a un exutoire insolite : cultiver avec d’autres collègues, un jardin positionné au cœur de l’établissement.

Ce coin de verdure est devenu un lieu de détente, et souvent le deuxième rendez-vous à ne pas manquer du matin. Car, après avoir fait le point sur la situation des rames, l’équipe discute tomates, fraises, avocats, arrosage, nettoyage, désherbage…. 

L’art de la récup’

Bio de la tête au pied, le cerisier tient compagnie au dattier, à l’érable et même à l’abricotier. Une véritable culture de bien-être qu’Hugo Chastang et ses collègues protègent jalousement.

Créé en totale « bio-attitude » (récupération des matériaux lors de sa conception), pensé en permaculture, ce « poumon vert » a été façonné par Hugo Chastang avec des cartons déjà utilisés pour préparer le sol, quelques branchages et tontes de pelouse issues de l’établissement, un peu de terreau… Le tour était joué ! Le sol s’auto-génère ensuite en créant son propre compost. Une prouesse aussi remarquable qu’une pièce débusquée en un temps record.