Crédit photo en-tête de page : SNCF

Mathieu Keller

« La connaissance est la seule chose qui s’accroît quand on la partage », c’est la devise de Mathieu Keller. Cet ingénieur spécialisé dans les freins et l’anti-enrayage  TGV n’aime rien tant que le travail en équipe, gage d’efficacité et de réactivité. Portrait d’un « homme de réseau ».

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Trouver une solution technique en un temps record suite au heurt d’une rame TGV sur un butoir1, résoudre la panne d’une rame OUIGO… Voilà le type de défis auxquels est confronté Mathieu Keller, en tant que responsable sous-système frein pour TGV. Des missions qui requièrent des connaissances en matière de technologie, de mécanique, d’électrotechnique et d’informatique. Mais surtout, qui reposent sur un vaste réseau technique.

« Ma mission consiste à piloter, intégrer et fiabiliser des systèmes complexes. Je fais le lien entre les organes, l’Ingénieur Composants Clés (ICC, ndr) et l’engin, tout au long de la vie de de la rame. Pour ce faire, je suis en étroite collaboration avec les ingénieurs vie série », explique Mathieu Keller.

Accro à l’adrénaline

Entré au Centre de formation des apprentis du Matériel en 1998, Mathieu Keller commence sa carrière professionnelle au sein de l'établissement industriel de maintenance des TGV Paris Sud-Est, avant de rejoindre l’antenne alsacienne de l’Ingénierie du Matériel. Il a fait son « grand » bonhomme de chemin, comme il aime à le dire, pour devenir, en 2016, responsable sous-système frein pour TGV. Un poste au cœur de l’action qui le comble : « J’aime que cela bouge : les nombreuses sollicitations, l’adrénaline que cela génère et la mobilisation dans les situations complexes me font vibrer. »

  • 1998

    Entrée au centre de formation des apprentis du Matériel

  • 2002

    Superviseur technique des installations stratégiques d’un technicentre de maintenance à Pa

  • 2014

    S’engage comme jury de validation des acquis de l’expérience (VAE)

  • 2019

    devient expert niveau 1 du réseau Synapses2 : cluster maintenance

À la tête d’une communauté de passionnés

Ce que Mathieu Keller préfère dans son métier ? Collaborer avec différents acteurs internes, qu’ils travaillent à la direction de la Traction, la direction des Opérations Industrielles (DOI) ou encore en technicentre industriel ou de maintenance. Une manière de travailler qu’il a imposée dès son arrivée. « Mon mode opératoire était simple et le même dans tous les établissements visités : au lieu de demander au technicien de faire le job, je le faisais avec lui. Ainsi, j’ai pu identifier dans chaque entité des agents détenteurs d’un savoir-faire unique et installer ainsi un maillage territorial fort et actif, basé sur le partage et la transmission. »

Notre ingénieur a été jusqu’à lancer un réseau qui rassemble pas moins de 180 référents techniques, désireux de connaître sur le bout des doigts les freins et l’anti-enrayage3 TGV. Une vraie communauté de techniciens qui peuvent ainsi échanger au sujet d’un matériel en constante évolution. Et une grande source de fierté pour ce passionné, qui confesse que « la richesse et la diversité des échanges  » sont ses « moteurs ».

1 Parfois appelé heurtoir, il s’agit d’un dispositif placé à l'extrémité d'une voie ferrée en cul-de-sac, pour arrêter d'éventuels véhicules en dérive et les empêcher de continuer leur chemin en dehors de la voie. 

2 Le réseau Synapses est le réseau d’experts scientifiques et techniques de la SNCF.

3 Si l’adhérence est dégradée, une augmentation des distances de freinage du train est à prévoir. Afin de limiter ces phénomènes, l’anti-enrayage en freinage a été mis en place sur les matériels récents. L'enrayage désigne donc la perte d’adhérence au freinage. Dans ce cas, on allonge la distance de freinage.