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Nicolas Le Guen

Un train qui roule tout seul : de la science-fiction ? Peut-être plus pour longtemps grâce aux travaux de Nicolas Le Guen et de son équipe. Après avoir travaillé à l’amélioration de la maintenance de vos trains, notre agent est chargé, depuis 2018, de concevoir ceux du futur au Centre d’Ingénierie du Matériel (CIM).

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Assurer un pilotage plus précis du train, garantir une meilleure sécurité ou encore désengorger les lignes en augmentant, par exemple, le nombre de trains de 30% sur la ligne Paris-Lyon aujourd’hui saturée… Les promesses du train autonome sont nombreuses.

Chaque jour, Nicolas Le Guen, en collaboration avec la branche Innovation et Recherche de la SNCF ainsi que des partenaires industriels et institutionnels, tente de développer ce train du futur avec une équation en tête : trouver des solutions parfaitement sûres et à un coût raisonnable.

L’assurance d’être utile

Et l’enjeu est de taille pour notre agent du Centre d’Ingénierie Matériel (CIM) et ses équipes. En effet, d’ici à 2023, deux prototypes verront le jour et effectueront des essais, un pour le fret et l’autre pour le transport de voyageurs. Un défi exaltant mais qui doit rimer avec sécurité.

Qui de mieux placé alors qu’un spécialiste des études de sûreté pour le relever ? Après ses études, Nicolas travaille pour une filiale du groupe EADS sur des missions de sûreté nucléaire. Un premier poste intéressant mais dans lequel il ne souhaite pas s’enfermer. La dimension de service public et d’utilité sociétale de SNCF l’attire.

Travailler à rendre plus simple le quotidien de milliers de voyageurs est un défi passionnant et un rôle dans lequel il se sent utile. En 2008, il intègre le service de l’ingénierie du Matériel à Oullins (Rhône-Alpes). Pendant quatre ans, il travaille sur des dossiers de sécurité liés aux modifications réalisées sur les trains. Par exemple, pour permettre de réaliser des allers-retours sans avoir à changer la locomotive de sens.

De la « maintenance discrète » au train du futur

En 2012, Nicolas Le Guen travaille à l’optimisation du plan de maintenance de plusieurs séries de trains. Il étudie l’usure des pièces afin de déterminer les moments optimaux pour les remplacer ou les contrôler. Avec son équipe, il mettra également en place ce que l’on nomme la maintenance discrète.

L’objectif ? Plutôt que de réaliser toutes les opérations de maintenance les week-ends ou d’immobiliser une rame durant une semaine, les opérations sont segmentées et  les temps creux de la journée sont utilisés pour vérifier le matériel.

Grâce à cette nouvelle organisation, sur une flotte de soixante trains, quand six étaient immobilisés avec l’ancien système, seulement quatre le sont grâce à la maintenance discrète. Un gain de temps et d’argent qui permet de proposer plus de trains aux voyageurs.

  • 2006

    Employé par une filiale d’EADS pour travailler sur la sûreté nucléaire

  • 2008

    Embauché à l’ingénierie du Matériel à Oullins (Rhône-Alpes)

  • 2012

    Rejoint le Pôle « Études Voitures Automotrices Tram-train », ingénierie de maintenance

  • 2016

    Arrive au Centre d’Ingénierie du Matériel pour développer les trains autonomes

Une vision d’ensemble pour être autonome

Ses compétences multiples lui permettent de rejoindre les trois cents ingénieurs du CIM, en 2016. Durant deux ans, il valide les performances des trains de travaux neufs et vérifie que les trains livrés par les constructeurs correspondent  au cahier des charges en termes de sécurité notamment.

Il saisit alors l’opportunité de travailler en Recherche et Développement sur le projet de train autonome. Une évolution qui le pousse à modifier ses méthodes de travail pour privilégier le mode plateau, c’est-à-dire des bureaux qui regroupent plusieurs équipes autours d’un projet. « Une vision d’ensemble est absolument nécessaire » rappelle Nicolas.

Le service public chevillé au corps

Après plus d’une dizaine d’années passées à la SNCF, Nicolas Le Guen constate que «  l’entreprise [lui a] permis de faire des choses très différentes, ce qui n’est pas possible partout ». « Mais surtout, conclut-il, à la SNCF, j’ai rencontré beaucoup de personnes très investies dans leur travail, qui ne comptent pas leurs heures. La notion de service public persiste et fait partie de l’ADN du groupe. Contrairement à l’image qui peut parfois être véhiculée, la sécurité de l’emploi n’empêche pas un grand niveau d’investissement. »