Patrick Dehaene, le compagnon de toujours du TGV

« Patrick », le TGV 01, la première rame orange de l’histoire, aurait presque pu lui être dédié tant Patrick Dehaene est un fin connaisseur de toute l’histoire du train à grande vitesse. Rencontre.

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Quel est le rôle d’un responsable Ingénierie Conseil (RIC) à la direction du Matériel, et plus précisément à la Business unit maintenance en exploitation ? Cela consiste à être l’interlocuteur privilégié entre la DOI — Direction Opérationnelle Industrielle de Voyages SNCF — et les équipes du domaine Matériel. Voilà donc résumée la fonction de Patrick Dehaene.

Cela n’éclaire pas plus votre lanterne ? Formulons-le différemment. Vous avez une question sur la maintenance courante ? Sur la sécurité ? Sur le budget annuel gravitant autour de TGV ? Patrick Dehaene est votre homme. Tombé dans le « chaudron » TGV dès la fin des années 1980 au technicentre Bischheim (Alsace), son transfert au Technicentre Sud-Est Européen (TSEE), auprès des pionniers de la maintenance grande vitesse, achève sa formation. Ce sont eux qui « lui ont appris le job », aime-t-il à rappeler fièrement.

Un parcours d'exception

Le TGV est le fil conducteur de son parcours : Patrick Dehaene a, depuis ses débuts, connu toutes les mises en service commercial à l’exception du TGV Sud-Est. Producteur maintenance, il a exercé dans pas moins de 8 technicentres TGV, TER et Fret. Un parcours d’exception auquel il convient d’ajouter une expérience à l’international lors d’une mission auprès de la filiale Thalys au sein de l’atelier TGV SNCB de Forest, situé près de Bruxelles.

  • 2004

    DET au technicentre Nord-Pas-de-Calais (clients TER, Fret et TGV)

  • 2007

    Directeur Antenne Nord-Est Proximités puis responsable STF 3 TGV à Forest (Thalys)

  • 2014

    DET au technicentre industriel d’Hellemmes (Eurostar, TGV et Infra)

  • 2017

    Contributeur Matériel au plateau Ouigo puis RIC à la direction du Matériel

Des JO à Eurostar en passant par Tanger ou Madrid

Quant aux temps forts de sa carrière ? Patrick Dehaene les énumère volontiers :  les JO d’Albertville en 1992 avec des TGV alpins pleins à craquer, son arrivée au technicentre du Landy, où le ciment n’était pas encore sec, pour la mise en route du TGV Nord, le prototype TGV 2 niveaux, la formation des Coréens, la recherche de disponibilité des TGV sur la façade Atlantique, la concurrence à Bruxelles-Midi, la rénovation Eurostar, le plateau Ouigo, les missions ponctuelles à Tanger ou Madrid…

« Nul n’aurait parié sur un tel développement ! »

Au milieu de tous ces glorieux souvenirs, il y en a un à la saveur toute particulière :  la manifestation « 10 ans de TGV » à Villeneuve-St-Georges, près de Paris.  « Cet événement marquait la fin de l’apprentissage et des expérimentations, se souvient Patrick Dehaene. Le succès du TGV allait crescendo, il attirait de plus en plus de clients. »

Il poursuit : « Deux modifications techniques — la suspension pneumatique et l’agrandissement du bar — répondaient aux attentes des voyageurs, mais, en revanche, les rames 1re classe protocolaires n’avaient pas rencontré un franc succès. Quant au TGV expérimental de nuit, il fut boudé par les “sacs à dos-baskets”. » Il en faut plus néanmoins pour qu’il perde espoir, car, à la même époque, le TGV Atlantique est une réalité, le TGV Nord approche, le prototype TGV 2 niveau stationne dans son site. « Réunis autour du “boss”, nous savions que l’avenir s’annonçait passionnant et qu’il nous guiderait vers d’autres challenges. Mais nul n’aurait parié sur un tel développement ! ».