Crédit photo en-tête de page : Kevin Bohnes

Xavier Vermillard : « le wagon secours, c’est une petite famille »

Déraillement, retournement de pantographes, citerne couchée sur les voies... Nos équipes du wagon secours sont constamment sur la brèche pour parer à tout incident éventuel. Rencontre avec Xavier Vermillard, l'un de ces urgentistes ferroviaire qui ne jure que par le « travail d’équipe ».

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L’homme qui soulève des trains

Petit matin, un TGV de la ligne Paris-Lille se retrouve arrêté suite à un essieu bloqué. Ni une ni deux, le portable de Xavier sonne. Il a 45 minutes pour se rendre au Bourget en Seine-Saint-Denis, retrouver ses collègues et filer en intervention avec le wagon secours. Une fois sur place, il faut agir rapidement et efficacement : évaluer clairement la situation, définir le diagnostic et se mettre au travail. Pendant ce temps, les TGV continuent de circuler sur l’autre voie, à quelques mètres, en vitesse réduite : 160 km/h tout de même !

Pas de temps à perdre, il faut poser sous le train des vérins hydrauliques afin de le soulever. À Xavier ensuite, en tant que tabliste, de gérer les commandes de ces vérins pour manipuler le train. Des interventions de ce type, Xavier Vermillard en mène plusieurs par an, sous le soleil ou les deux pieds dans la neige.

Des interventions hors norme

Car, s’il arrive que les incidents se produisent en atelier, à l’entrée ou la sortie des trains, ils peuvent aussi survenir en rase campagne. S’engagent alors des opérations pouvant durer plusieurs heures, voire plusieurs jours. Dans ce dernier cas, c’est un quotidien hors norme qui s’organise, à bord d’une voiture qui dispose de couchages et d’installations pour cuisiner.

Les opérations sont éprouvantes car il faut régulièrement remettre sur les voies des trains qui ont déraillé. Pour cela, Xavier et ses collègues utilisent un système de pistons et de cales de bois permettant de lever le train et de le ramener progressivement dans les rails. Une mission qui nécessite de bonnes aptitudes physiques mais pas seulement. Pour intégrer le wagon secours, il est primordial de « savoir faire preuve d’esprit d’équipe », souligne Xavier. Sur ce dernier point, il y a fort à parier que ses années de rugby à Perpignan, sa ville d'origine, ont fait de lui un équipier solide sur lequel on peut compter.

Chaque sortie est unique

La variété des missions, c’est ce qui plaît à Xavier Vermillard. « Chaque sortie est unique : le matériel, l’intervention, les personnes sont différentes, explique-t-il. Et parfois même, les pompiers ou les forces de l’ordre doivent intervenir ». Loin du rythme plus planifié de ses tâches en atelier, les missions avec le wagon secours sont souvent de véritables aventures. Lorsqu’il n’est pas en semaine d’astreinte et mobilisé sur des interventions, Xavier Vermillard exerce, en effet, comme mécanicien au Technicentre de maintenance Paris Nord.

Entré en 1996 au service intérieur, sa première mission consistait à conduire les trains sur les voies, pour que ses collègues puissent y opérer les travaux de maintenance. Puis, il a travaillé comme magasinier avant d’occuper son poste actuel de mécanicien. Sa fonction actuelle consiste à remplacer les pièces les plus imposantes des trains, tels que les moteurs ou les roues.

Une petite famille

Dix ans après sa prise de poste, il intègre en parallèle l’équipe wagon secours. Il fait aujourd’hui partie des plus anciens et transmet son expérience et savoir-faire aux nouveaux. Au fil des interventions et des années, des liens se sont noués entre les membres de l’équipe,  faisant dire à Xavier que « le wagon secours, c’est une petite famille », où règne un esprit d‘entraide face à des situations souvent stressantes. Une famille à laquelle il est  fier d’appartenir ! Et surtout une famille qui lui permet d’être « de taille » face à un train qui déraille, ou autre…