Crédit photo en-tête de page : Christophe Recoura / SNCF

Pourquoi la maintenance prédictive améliore vos voyages en train

« Espionner » vos trains grâce à des capteurs et au réseau 4G pour anticiper les pannes et vous garantir une meilleure régularité, telle est la promesse de la maintenance prédictive ferroviaire. Notre groupe, leader mondiale en la matière, déploie ces solutions innovantes sur plus de 1 000 trains.

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Jean-Pierre Farandou, président-directeur général de la SNCF1,disait : « Bientôt, la maintenance sera prédictive : grâce aux capteurs, nous pourrons arrêter le train juste avant que la porte en question ne tombe en panne. L’immobilisation du train durera moins longtemps, coûtera bien moins cher et sera bien plus efficace ». Aussi, grâce aux travaux menés depuis plus de huit ans, nous y sommes ! En effet, nous déployons des capteurs et recueillons les données de centaines de rames Transilien, TER, Intercités et TGV pour anticiper les pannes le plus tôt possible. Et vous garantir ainsi des trains toujours plus fiables et réguliers.

Leader mondial dans le domaine de la maintenance prédictive ferroviaire, nous sommes, en effet, capables d’analyser 8 000 variables d’un train, dont 2 000 en temps réel. Et sur plus de 1 000 trains en même temps. 

Explications avec l’un de nos spécialistes : Cyril Verdun, directeur ingénierie de maintenance à la direction du Matériel.

En savoir plus sur la maintenance prédictive

Voilà maintenant plus de huit ans que la SNCF déploie des solutions de maintenance prédictive sur les trains. À quel stade d’avancement se situe le projet ?

Nous travaillons actuellement sur une double avancée en matière de maintenance prédictive. D’un côté, lorsqu’un train n’est pas équipé, on installe des IoT2. Ces capteurs connectés nous permettent de collecter les données qui nous intéressent. C’est ce qu’on appelle le télédiagnostic. De l’autre, quand une rame est déjà dotée de données sur le réseau, nous installons une carte SIM 4G SNCF permettant de réaliser de la maintenance prédictive. On peut aussi étendre cette solution innovante à de nouveaux organes du train. C’est le cas des Regio2N, des Régiolis et du « Francilien » notamment.

Concrètement, qu’est-ce que cela change d’étendre les possibilités de maintenance prédictive à de nouvelles parties du train ?

Le télédiagnostic et la maintenance prédictive permettent de diviser le nombre de pannes par deux, voire par trois. C’est donc tout sauf un gadget. Cela sert simplement à améliorer les transports du quotidien. À titre d’exemple, grâce à la maintenance prédictive du pantographe3, nous ne sommes plus obligés de monter sur le toit du train, et donc de l’immobiliser, pour contrôler l’effort, via la pression, de cet organe porté sur la caténaire. De même, grâce à un certain nombre de nouveaux paramétrages, nous sommes désormais capables de connaître précisément l'état des batteries. Et donc, de savoir quand les changer précisément. Cela évite les opérations de maintenance préventive toutes les X années sur les batteries. Ce qui revient à avoir plus de trains disponibles à la circulation et d’améliorer l’environnement.

8 000 variables d’un train peuvent être analysées en temps réel

Quels trains sont équipés de ces solutions innovantes ?

Déjà plus de 1 000 trains (Regio2N, Régiolis et « Francilien ») ont été équipés de cartes SIM ou de capteurs IoT en Île-de-France et en régions par SNCF Voyageurs.

Quels sont les enjeux pour 2022 ?

Nos enjeux sont double. Poursuivre le déploiement de ces solutions sur les freins et les compresseurs des trains « Francilien » qui circulent sur les lignes au départ de Paris Saint-Lazare, mais également sur toutes les rames TGV deux niveaux, avant l’arrivée du TGV M qui va encore changer la donne avec ses millions de data accessibles et des volumes de données jusqu’à présent jamais atteints.

Nous souhaitons également industrialiser nos systèmes informatiques (SI). En effet, les algorithmes, que nous développons sur fonds propres, et nos processus sont rodés mais les SI qui les supportent depuis tant d’années doivent être robustifiés.

Le télédiagnostic et la maintenance prédictive permettent de diviser le nombre de pannes par trois.

Cyril Verdun, directeur ingénierie de maintenance à la direction du Matériel

C’est-à-dire ?

Nous avons installé et complété, plusieurs bancs de maintenance modulaire sur les voies de notre dépôt TGV de Châtillon, non loin de la gare Montparnasse. Il nous permet aujourd’hui d’analyser l’état des pièces mécaniques extérieures des TGV, telles que les essieux, les garnitures et les disques de freins.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Les bancs automatiques de maintenance sont des dispositifs complémentaires pour améliorer la performance de la maintenance, notamment sur les organes mécaniques où les IoT2 sont moins probants. Grâce aux bancs, on automatise ainsi la maintenance préventive systématique des freins (garnitures, disques), des essieux, des roues, etc. On se concentre donc uniquement sur le correctif nécessaire avant la panne ou l’usure limite.

TGV et Transilien ont investi dans des bancs qui sont en cours de déploiement.

1 Extrait de l’intervention de Jean-Pierre Farandou devant la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, le 2 octobre 2019.

2 Internet of Things (IoT), terme qui désigne un système où les objets physiques sont connectés à Internet.

3 Dispositif articulé porté par un train électrique, destiné à établir le contact avec la caténaire.