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À la rencontre de nos régulateurs faune sauvage

Pour garantir la sécurité et la régularité sur nos emprises ferroviaires, des régulateurs faune sauvage arpentent toute l’année les abords des voies. Découvrez le travail de nos experts ès sangliers, chevreuils et lapins. 

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Le coût important des incidents liés à la faune

Deux cent mille minutes : c’est le temps perdu en moyenne, chaque année, sur l’ensemble du réseau ferroviaire en raison des collisions de trains avec des animaux sauvages. Sans parler du coût que peut signifier un tel incident, jusqu’à 150 000 euros. Une facture salée qui comprend les frais de réparation et d’immobilisation du matériel, de dédommagement des clients, mais aussi ceux que représente la perte de temps du conducteur et du contrôleur.

100 000 euros, le coût moyen d’un heurt avec un animal

Éviter les collisions et les dommages

La présence d’animaux dans les emprises ferroviaires est une menace pour la sécurité aussi bien que pour la régularité des trains. Outre les heurts avec des grands animaux, comme les cervidés ou les sangliers, les dégâts causés sur les talus par les animaux « fouisseurs » comme les blaireaux ou les lapins de garenne, ne sont pas sans conséquence, y compris parfois pour les cultures voisines. 

Pour lutter contre ces nombreux risques, nous avons mis en place un plan d’action concret. Celui-ci repose notamment sur ceux que l’appelle les régulateurs faune sauvage. Ces agents répartis aux quatre coins de la France ont pour mission de surveiller les abords des voies (lignes à grande vitesse et lignes classiques) et de faire en sorte que les animaux restent à l’écart de nos emprises. 

  • 1500

    incidents de régularité sont liés à des heurts avec des animaux sauvages chaque année

  • 8000

    trains impactés en moyenne par an sur l’ensemble du réseau

  • 200 000 minutes perdues chaque année

  • 27

    régulateurs faune sauvage sur tout le territoire

Des dispositifs inventifs

Pour empêcher ces différents mammifères de s’introduire dans nos infrastructures, nos régulateurs faune ont recours à de nombreux moyens :

  • des tournées régulières pour repérer les passages d’animaux et les dissuader de pénétrer dans les emprises
  • des outils de détection sophistiqués, comme des caméras infrarouges et thermiques
  • des dispositifs d’« effarouchement » pour effrayer la faune 
  • des clôtures et revêtements anti-intrusion, comme le « strail-grid1 
  • des « Faun’Trap® », une sorte de cage placée le long des clôtures qui permet d’évacuer les animaux hors des emprises2
  • le renforcement des clôtures au moyen de panneaux extérieurs et enterrés dans le sol contre les animaux « fouisseurs »
  • l’organisation d’actions de déplacement ou de prélèvement  

Dans ce cadre, nos régulateurs faune sauvage sensibilisent également les chasseurs, agriculteurs ou riverains aux risques posés par les animaux afin d’agir en concertation avec les acteurs locaux, toujours dans le respect de la biodiversité.

Ce qui est passionnant dans mon métier, c’est de suivre les animaux pour connaître leurs habitudes et essayer de trouver des systèmes pour les empêcher de rentrer chez nous. Il n’y a que cette connaissance qui peut apporter les réponses à nos questions.

Anthony Martin, régulateur faune sauvage

Le pionnier

William Hup est le premier agent SNCF à avoir occupé le poste de régulateur faune sauvage, il y a plus de 10 ans. Il a la responsabilité de 750 km de lignes. Ce précurseur aime à raconter notamment qu’un couple de blaireaux peut, à lui seul, extraire, chaque année, 20 tonnes de terre. Une habitude qui n’est pas sans conséquence pour la stabilité des talus et donc la sécurité des circulations ferroviaires. 

William Hup, un agent SNCF sur les traces des animaux sauvages

1 revêtement installé dans la voie et doté de pyramides en caoutchouc les unes sur les autres empêchant les animaux de poser leurs sabots dessus et donc de s’introduire dans un linéaire ensuite entièrement clôturé.

2 au moyen d’un système faisant communiquer les portes intérieures et la porte vers l’extérieur, système déployé sur deux lignes à grande vitesse avec la Fédération départementale des chasseurs de la Loire.