Imprimer la page
Partager la page

Petite Histoire de la ligne Paris-Brest

Publié le 05 septembre 2013 à 17:40

La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest

Napoléon III a compris l’importance du chemin de fer pour le développement industriel de la France. En 1855, il impose des fusions aux 27 compagnies privées concessionnaires, pour constituer 6 grands réseaux privés. Nait ainsi la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest. La Bretagne est restée longtemps en retard en matière de desserte ferroviaire. La ligne des chemins de fer dessert alors les principales régions industrielles, les régions minières et les industries métallurgiques. Il faut attendre 1855 pour que les modalités de réalisation du chemin de fer accédant en Bretagne soient enfin définies. L’essor du chemin de fer a un impact considérable : l’espace se rétrécit considérablement, la mobilité, les échanges, le commerce acquièrent une nouvelle dimension. Ce nouveau moyen de transport connait donc un succès immédiat.


La ligne Paris-Brest

La ligne Paris-Brest date de 1865. Pour relier les deux villes, il faut jusque là utiliser le cheval. Le point de départ des lignes vers la Bretagne, c’est “la gare du Maine” qui deviendra quelques années plus tard “la gare Maine-Montparnasse”. Cette ligne s’est construite par étape : Paris-Chartres en 1849, Paris-Le Mans en 1854, prolongé jusqu’à Laval en 1855, puis Rennes en 1857, suivi de Guingamp en 1863, et enfin jusqu’à Brest en 1865. En 1857, il était prévu que le tracé passe par Moncontour et Napoléonville (Pontivy). Les travaux étaient entamés, mais très vite stoppés par les villes du littoral. On déplace le tracé plus au nord par Quintin. Mais Saint-Brieuc proteste. Le Préfet demande un tracé de la voie ferrée le plus proche possible de la route impériale n°12. Guingamp prend parti pour Saint Brieuc, car la route n°12 la dessert également ! D’autres arguments sont cités : présence du télégraphe électrique utile pour les besoins de la défense nationale, gain de temps pour les voyageurs, accès rapide aux nombreux ports du Goélo, du Trégor, et du Légué. Cette proposition l’emporte grâce à un arbitrage de Napoléon III, au cours de son voyage de 1858 en Bretagne. On modifie encore les plans : Saint Brieuc, Guingamp et Morlaix figurent sur le trajet Rennes-Brest. La ligne Paris-Brest est mise en exploitation jusqu’à Guingamp le 7 septembre 1863, date où les festivités de la Saint Loup sont mises en place. Le conseil Municipal de Saint-Brieuc a pour l’occasion voté un crédit de 2 000 francs pour fêter l’évènement et offrir un banquet aux directeurs et employés de la Compagnie de l’Ouest, mais il n’y eu pas d’inauguration officielle de cette section de ligne. L’inauguration de la ligne donnera lieu à de grandes festivités du 25 au 28 avril 1865 avec l’arrivée du train en gare de Brest : feu d’artifice, distribution de pain et viande aux plus démunis, bals populaires, cavalcade historique...


Les autres lignes ferroviaires en Bretagne

D’Ouest en Est

D’autres lignes contribuèrent aussi à “désenclaver” la Bretagne, comme la ligne Paris-Nantes-Quimper inaugurée en 1863, ou Quimper-Chateaulin-Landerneau-Brest en 1867. Les travaux de construction des lignes s’étalent sur une dizaine d’années. La ligne Morlaix-Roscoff sera ainsi mise en service en 1883. La voie ferrée permet désormais le transport des primeurs... Et Saint-Pol de Léon devient même à cette époque la première gare légumière de France. Les produits agricoles s’exportent ainsi en France et à l’étranger grâce au rail. L’apogée du trafic sur cette ligne se situe entre 1957 et 1980, mais la concurrence de la route aura finalement raison de cette ligne.

Du Nord au Sud

La gare de Guingamp devient vite à la fin de XIXè et au XXè siècles, le centre d’une étoile ferroviaire à six branches qui permet à la ville de conforter son rôle de carrefour de l’Armor et de l’Argoat. L’arrivée du rail a opéré pour le territoire, d’importantes mutations d’ordre économiques, démographiques et culturelles. La construction de la Ligne à Grande Vitesse va, dans les années futures, changer une nouvelle fois la donne en réduisant encore considérablement les distances-temps.