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SNCF
Comment Deauville est née grâce au train ?
BREVE - SNCF
Publié le 30/04/2013 à 14h39

C’est l’emblème des bains de mer à la française. Créée il y a 150 ans pour les aristocrates du second empire, la station balnéaire, réputée pour son casino et son champ de course, doit tout au train. Elle n’était qu’un marais, avant de connaître une vie de rêve par le chemin de fer.

Depuis un siècle et demi, Deauville attire le gratin de la jet set internationale. "Chic-issime", dans en environnement préservé, et si proche de Paris, elle a beaucoup à offrir. Mais avant que le train n’y mène, ce n’était qu’un modeste village, qui ne soutenait pas la comparaison avec sa voisine et longtemps rivale Trouville. C’est la vogue des bains de mer au milieu du XIXè siècle qui va inciter le duc de Morny, frère de Napoléon III, à faire investir 240 hectares de marais en 1859 pour créer une nouvelle « colonie balnéaire ». Il faut quatre ans à Deauville pour sortir de terre, ainsi que la gare, inaugurée en 1863 grâce à un décret impérial. Morny, actionnaire de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, fait prolonger la ligne qui reliait déjà Paris à Lisieux, pour éviter aux banquiers, financiers et aristocrates, d’avoir à passer par Le Havre pour rejoindre leurs villas tout juste sorties de terre. C’est ce qui va assurer l’avenir et la prospérité de la ville nouvelle.

Deauville est alors à 5 h de Paris. A partir de 1889, des trains permettent aux parisiens de passer le week end au bord de la mer, du samedi soir au lundi matin. A bord, tout le confort, y compris le suivi des cours de la Bourse ! Ces trains de plaisir sont appelés « les trains jaunes », couleur symbolique du mari trompé par leurs épouses qui séjournaient aux bains. En 1905, la gare enregistre 35573 entrées. 50 000 en août. 7 ans plus tard, le rapide Côte Normande, ou Deauville-Express, met Deauville à 2h43 de Paris. En 1923, un train de luxe est mis en service par la Compagnie des wagons lits, « le train bleu ». Un barman, venu du Plazza à New York, officie au bar ! 8 ans plus tard, alors qu’une nouvelle gare dans le style régionaliste moderne est inaugurée à Deauville, qui, grâce à la Micheline n°5, n’est plus qu’à deux heures quinze minutes de la capitale. Encore aujourd’hui, faire un saut à Deauville, c’est à la fois accomplir une sorte de voyage dans le XIXè siècle avec cette architecture et ces villas du front de mer, au milieu de la verdoyante et fraîche Normandie et en même temps faire l’une des promenades les plus excitantes qu’on puisse rêver depuis Paris. Le voyage commence dès qu’on monte dans le train. A l’arrivée, le grand édifice dessiné en 1931 par Jean Philippot est toujours majestueux, avec son vaste hall central et ses pignons décorés de fresques de Louis Houpin. Un véritable scénario qu’on croirait tout droit sorti du plus romantique des films. Normal. Après tout, Deauville n’est-elle pas l’une des capitales mondiale du cinéma, avec son festival et toutes les scènes qui y ont été tournées ?

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