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SNCF
Le rêve passe, voici l'Orient-Express
BREVE - SNCF
Publié le 14/05/2013 à 15h25

Ce train de luxe qui assure au départ la liaison entre Paris et Istanbul via Vienne est un véritable chef d’œuvre. Un rêve absolu, avec son wagon-restaurant au plafond en cuir repoussé de Cordoue, ses murs tendus de tapisseries des Gobelins, des rideaux de velours de Gênes. Ce n’est pas tout, argenterie gravée, carafes en cristal pour décanter les vieux Bordeaux… serviettes pliées et service à la française, bouteilles de champagne… Tous les plats sont cuisinés à bord. Il y a de quoi être émerveillé quand on consulte un menu ordinaire : potage tapioca, bar sauce hollandaise, gigot de mouton à la Bretonne, Poulet du Mans au cresson, épinards au sucre, fromages et tarte aux fruits. A bord de l’Orient-Express, on sait vivre : la cuisine épouse la géographie, les mets et les vins varient au fil des pays traversés. Un fumoir a été aménagé pour les hommes, un boudoir pour ces dames. On peut prendre l’air sur l’une des plateformes ou savourer le confort de son lit dont les draps sont changés tous les jours. Les compartiments spacieux et confortables sont pour le moins douillets et la vitesse de près de 100 km/h ! A tous points de vue l’Orient-Express est une révolution. Les journaux, toute l’Europe en sont conscients : faire rouler un même train géré par une même compagnie à travers plusieurs pays est une prouesse. Le voyage devient un nouvel art. Et le succès est immédiat. Il est d’ailleurs tel qu’il a fini par se multiplier. Il n’y a en effet pas un Orient-Express, mais plusieurs qui devront leur existence à celui de 1883 et emprunteront des fragments de son épopée par le Danube, les Alpes ou le Tyrol. Jusqu’en 1914, l’Orient-Express circule sur deux itinéraires, l’un par Belgrade et Sofia, l’autre par Vienne et Bucarest. On crée également une ligne vers Venise via le tunnel du Simplon. Les guerres vont donner naissance à d’autres Orient-Express un peu partout en Europe. En 1923, apparaît l’Arlberg-Orient-Express qui relie Bâle à Vienne. Des ramifications poussent. Certaines disparaissent. Le luxe des années 30 disparaît après la seconde guerre mondiale : contrôle des changes, des passeports, des visas, l’époque est à la guerre froide. Certes l’Orient-Express est le seul à passer le rideau de fer, mais le climat change. La fabuleuse épopée est désormais derrière nous. Restent quelques voitures qui, à nouveaux réunies depuis les années 1980, entreprennent de nourrir le mythe et de faire rêver les voyageurs.