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Le train en France depuis 1827

Depuis la première ligne de chemin de fer en 1827, le train a connu péripéties humaines, défis technologiques, révolutions culturelles... Découvrez l'histoire du train et de ceux qui le font.



  1. ...
  2. 1922
  3. 1930
  4. 1933
  5. 1934
  6. 1937
  7. 1938
  8. ...

1922

LE MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS DÉCIDE L’ÉLECTRIFICATION EN COURANT CONTINU

Après la Première Guerre mondiale, le ministère des Travaux publics engage un plan d’ensemble d’électrification des réseaux de chemin de fer d’intérêt général, qui devront s’équiper en courant 1 500 volts continu.


La première ligne aménagée, entre 1922 et 1923, est celle qui longe les Pyrénées de Toulouse à Dax sur 150 km. Cette même année, la Compagnie du Midi transforme aussi l’électrification de ses lignes déjà équipées de caténaires en courant alternatif.

Elle commande auprès des « ateliers de construction mécanique » à Tarbes une série de 50 locomotives. Le 30 octobre 1922, la première section est inaugurée entre Pau et Lourdes, par une locomotive de type BB E 4002. Sa livrée blanc cassé, bien différente de celle des locomotives à vapeur, symbolise la modernisation du chemin de fer.


1930

LA LIGNE DE SCEAUX ET LE PROJET DE TRAVERSÉE DE PARIS EN SOUTERRAIN

L’histoire de la ligne de Sceaux, au départ de l’embarcadère de Paris d’Enfer (à présent Denfert-Rochereau) remonte à 1846.



Plusieurs prolongements ont permis à cette ligne de desservir de nombreuses communes du sud de Paris. Dans les années 1930 un projet du ministre des Transports envisage de créer un réseau de banlieue traversant Paris en souterrain. Il faut attendre les années 1970 pour connaître la création du Réseau express régional (RER).
Les pouvoirs publics décident de moderniser la ligne en l’électrifiant, le passage des locomotives à vapeur en souterrain dans Paris étant inenvisageable.
On commande 150 nouvelles automotrices d’un haut niveau de confort. Leur livrée extérieure adopte le vert clair et un toit blanc. L’intérieur est soigné : sièges confortables et éclairage diffusé par des vasques Art Déco.


1933

BUGATTI CONSTRUIT DES AUTOMOTRICES
POUR LE CHEMIN DE FER

Après une rencontre entre Raoul Dautry, directeur du Réseau de l'État, et Ettore Bugatti, le Réseau décide l’achat de deux automotrices rapides à moteurs thermiques, le 9 août 1932. Ettore Bugatti entreprend alors la construction d’une automotrice plus performante de toutes celles existantes.


La première Bugatti est livrée au printemps 1933 : c’est un wagon rapide réversible de 23 m de longueur à profil aérodynamique, équipé de 4 moteurs Bugatti de 200 chevaux. Lors des essais, cet engin atteint 172 km/h. Le 30 juillet 1933, le président de la République Albert Lebrun l’emprunte pour se rendre à Cherbourg. Les 372 km sont parcourus en 3h15 avec une vitesse de 130 km/h. En octobre 1934, une Bugatti atteint la vitesse de 192 km/h, pulvérisant le record de vitesse sur rails. C’est la consécration : 88 autorails Bugatti seront construits pour les réseaux de l’État, du Paris Lyon Marseille et de la SNCF sous plusieurs séries.


1934

LA CONCURRENCE DES MOYENS DE TRANSPORTS,
LA MISE EN PLACE DU CODE « VERLANT »

Le chemin de fer est désormais concurrencé par d’autres moyens de transport. L’Etat crée en 1934 un comité rail-route avant de mettre en place une première réglementation l’année suivante.
Il décide de « coordonner » les transports : 10 000 km de lignes du service omnibus seront supprimées en quarante ans, le service voyageurs étant remplacé par un service autocar.
Une commission présidée par Eugène Verlant, directeur de l’exploitation du PLM, élabore un projet de remaniement complet de la signalisation, afin d'unifier les signaux des différentes compagnies de chemins de fer. Le code « Verlant », mis en place en 1934, prévoit que chaque signal mécanique aura sa silhouette : carré, disque, triangle ou rectangle. Il impose les couleurs en fonction de l’indication à donner : le vert indique la voie libre, le jaune, un avertissement ou un ralentissement, le rouge, l’arrêt.


1937

UN RÉSEAU UNIQUE SOUS LA RESPONSABILITÉ DE L’ÉTAT

Cent dix ans après l’ouverture de la première ligne de chemin de fer en France, le train permet d’assurer le développement économique du pays. Cependant, dès 1920, toutes les compagnies sont déficitaires. Leur dette globale s’élève à 37 milliards de francs en 1936. La seule solution est alors la nationalisation. Le 31 août 1937, une convention approuvée par un décret-loi prévoit la création de la SNCF, la Société nationale des chemins de fer français. Les cinq grandes compagnies fusionnent en un réseau unique sous la responsabilité de l’État, pour une durée prévue de 45 ans. Une fusion symbolisée par un logo où s’enchevêtrent les quatre lettres de l’acronyme.


1938

NAISSANCE DE LA SNCF

En application du décret-loi de 1937, la SNCF est officiellement créée le 1er janvier 1938. C’est une société anonyme d’économie mixte, dont l’État possède 51% du capital, les autres parts appartenant à des actionnaires privés comme le groupe Rothschild. La SNCF doit être gérée de façon industrielle et assurer des obligations de service public. Elle est organisée en 5 régions correspondant partiellement au réseau existant avant 1937 : Est, Nord, Ouest, Sud-Ouest et Sud-Est. Le réseau français s’appuie alors sur 515 000 cheminots et dispose de 42 700 km de voies dont 8% sont électrifiées.