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Une brève histoire des ponts ferroviaires

Publié le 17 avril 2013 à 16:07

Petit aperçu de la grande histoire des 100 000 ponts ferroviaires.


Tout, tout tout, vous saurez tout
sur les ponts

Le joli mois de mai se profile… et avec tous ses ponts, ces week-ends prolongés dont la torpeur annonce l’été en pente douce. L’occasion était trop belle, et le jeu de mots également, pour ne pas se pencher, une fois n’est pas coutume, sur les ouvrages d’art ferroviaires.

D’Apollinaire avec son pont Mirabeau à Yves Duteil avec son petit pont de bois, en passant par le pont d’Avignon, les poètes et les mirlitons ont souvent rendu hommage aux ponts, qu’ils soient parisiens, ou plus rustiques, mais plus rarement aux ponts ferroviaires. « Pourtant, rappelle Bernard Plu, Chef de Division Structures au Département des Ouvrages d’Art, à partir de deux mètres, ce n’est presque plus un pont, déjà un ouvrage d’art, et certains sont de véritables prouesses techniques et esthétiques ». La France, parce que sa géographie s’y prête bien, compte parmi les pays d’Europe avec l’Allemagne qui possède le plus grand nombre de ponts ferroviaires. Environ 100 000. «Nous avons un dossier sur chaque pont, précise Plu. On connaît la date de mise en service de chaque ouvrage ferroviaire, le nom de l’ingénieur qui l’a conçu, de celui qui a supervisé les travaux ». Les plus anciens datent du milieu du XIXè siècle. C’est en effet aux alentours de 1850 que l’essor du chemin de fer en France nécessite une nouvelle infrastructure. A l’époque, les ponts sont soit en pierre, en maçonnerie, soit en fer puddlé qui a précédé l’acier et avec lequel on a construit la Tour Eiffel. On estime qu’à peu près 80% des ponts ferroviaires français ont été construits entre 1850 et 1900. C’est le cas des ponts métalliques exceptionnels comme le pont Gisclard, le viaduc de Garabit, celui du Viaur ou de Caronte, avec sa travée centrale amovible, considérés comme parmi les plus majestueux. Pour les ouvrages en maçonnerie, le viaduc de Fontpédrousse, de Morlaix ou de Chaumont, font référence, mais il y en a bien d’autres. D’autres aussi ont vu le jour au début du XXè siècle, mais il faudra ensuite attendre les années 70 et l’arrivée du TGV entre Paris et Lyon pour voir sortir de terre des ensembles plus importants d’ouvrages d’art. « Aujourd’hui, tous les ponts sont faits en béton, soit armé ou pré-contraint, explique Bernard Plu ». Comme le viaduc de la Savoureuse, un pont récent et remarquable construit sur la LGV Rhin Rhône. Mais c’est la LGV méditerranée est sans doute la ligne comportant les ouvrages les plus exceptionnels (notamment, le viaduc de la Garde Adhémar, Le viaduc de Mornas, Le viaduc sur l'Arc et Le viaduc d'Avignon....).


Saviez-vous que…

Sur le réseau ferré, on dénombre 40 000 ponts ferroviaires de plus de 2 mètres et 60 000 ponts de moins de 2 mètres. 300 personnes supervisent ces ouvrages d’art à la SNCF. Mais ce n’est pas tout :

  • Orgon, en Provence est le pont ferroviaire le plus imposant de France avec 335 mètres de long et 9700 tonnes c’est le plus lourd et le plus long de France
  • Le pont du Bois Monzil, à Villars (Loire) est le plus ancien pont ferroviaire d’Europe (1827)
  • Construit en 1901, le Viaduc des Fades, haut comme un immeuble de quatre étages est le plus haut de France et le quatorzième le plus haut dans le monde.
  • Le premier pont ferroviaire métallique a été construit en 1858 dans le Cantal par Gustave Eiffel
  • Le viaduc du pays de Tulle avec ses 150 mètres de hauteur est le second le plus haut de France
  • Le pont ferroviaire de Kehl qui enjambe le Rhin, franchit la frontière entre la France et l’Allemagne. Construit en 1861 il a été remplacé en 2010.
  • Le premier viaduc français est celui du Voiron, sur la ligne Lyon-Saint-Etienne. Il a été ouvert en 1833
  • Le viaduc de Garabit date de 1884. Il a été construit par Gustave Eiffel lui-même.
  • Le pont Gisclard est le seul pont suspendu ferroviaire encore en service en France.